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CIDIHCA - Centre International de Documentation et d'Information Haitienne, Caribéenne et Afro-Canadienne

La Musique Haitienne

Les années 1940 et 1950, la Belle Époque, ont vu se développer en Haïti les enregistrements sonores, un support tout particulièrement adapté à la musique populaire urbaine. Le Port-au-Prince de cette époque connaît l’émergence sur la scène musicale de Big Bands (Orchestre Saieh, Jazz des Jeunes, Orchestre Casino International, etc.), de troupes folkloriques, de chœurs. L’arrivée de François Duvalier au pouvoir en 1958 devait entraîner le départ de la plupart des musiciens vers l’étranger. Ils iront à la Havane, avec Martha Jean Claude, à New York avec Charles Dessalines, Dodof le Gros, ou à Montréal avec Jo Trouillot, Kesner Hall, Nono Lamy, Guy Durosier, pour continuer à faire rêver les Haïtiens qui fuient la dictature.

Haitian Music

The 1940’s and 1950’s, the beautiful epoch, have seen the development of sonorous recordings in Haiti, a support particularly adapted to the urban popular music. The Port-au-Prince of this epoch knows the emergence of Big bands (Saieh orchestra; Jazz of the youngsters, International Casino Orchestra, etc.), of folk troops, of choirs on the musical scene. The arrival of Francois Duvalier to the power in 1958 was to lead the departure of the majority of the musicians towards foreign countries. They will go to Havana, with Martha Jean-Claude, to New York, with Charles Dessalines, Dodof le Gros, or to Montreal with Jo Trouillot, Kesner Hall, Nono Lamy, Guy Durosier, to continue to make the Haitians who flee the dictatorship to dream.

Le Perchoir d’Haïti à Montréal deviendra dans les années 1960 le lieu de rencontre d’écrivains haïtiens et québécois. Mais il n’y a pas que l’écrit et la parole, les Québécois et Québécoises découvrent dans la frénésie la musique haïtienne et les rythmes de Jo Trouillot, Kesner Hall, Nono Lamy, Guy Durosier, Victor Flambert, etc. Les musiciens de la diaspora ont prolongé la vie de ces musiques qui tombaient dans l’oubli en Haïti. En consignant de vieux enregistrements musicaux et des photographies d’époque, nous avons voulu faire œuvre de mémoire. Arrêt sur image, l’espace d’un cillement, sur quelques mesures du saro d’Issa, du tambour de Tiroro… Ces images se fondent en des accords parfaits sur des airs de meringue, de contredanse. Ces photographies mettent fin aux querelles de clans, elles rassemblent fraternellement ces hommes et ces femmes qui ont fait rêver toute une génération. Ces images nous racontent qu’au delà de leurs différences ces artistes n’auront vécu que pour leur passion commune: la musique.

The “Perchoir d’Haiti” in Montreal will become in the 1960’s the rendezvous point of the Haitian and “Québécois” writers. But there is not only the written and the word, the “Québécois” and “Québécoises” discover in the frenzy, the Haitian music and the rhythms of Jo Trouillot, Kesner Hall, Nono Lamy, Guy Durosier, Victor Flambert, etc. The musicians of the Diaspora have lengthened the life of those songs that were being forgotten in Haiti. While consigning some old musical recordings and photographs of the epoch, we wanted to make a memory piece. Freeze frame, the space of a “cillement”, on a couple bars of Issa’s “saro”, of Tiroro’s drum…These images blend in perfect tune on airs of meringue, of counterdanse. These photographs put an end to the clans’ quarrels; they assemble fraternally these men and these women that made a whole generation dream. These images narrate that beyond their differences, these artists will have lived only for their common passion: music.

Elles offrent un regard multiple sur l’univers des musiciens. L’atmosphère des boîtes de nuit, des salles de spectacles, les lumières de la scène appellent en effet le noir et blanc. Ces images conservent une force évidente cinquante ans plus tard. Portraits de la tension, du dialogue excitant entre trompette, saxophone et tambour, autant de moments magiques d’une aventure exceptionnelle que nous racontent ces photographies.

Elles parlent et gardent aujourd’hui encore une formidable puissance d’évocation. Nous avons choisi de vous présenter ces images mémorables comme un hommage à ces musiciens, chanteurs et chanteuses qui nous ont fait rêver.

They offer numerous glances at the universe of musicians. The atmosphere of night clubs, auditoriums, the lights of the scene call in fact the black and white. These images preserve a visible intensity fifty years later. Portraits of tension, of exciting dialogue between trumpets, saxophones and drums, as many magical moments of an exceptional adventure that these photographs narrate.

They talk and keep still today a sensational power of evocation. We have chosen to present to you these memorable images as a tribute to these musicians and singers that made us dream.

Le discours photographique ne pose pas de jugement de valeur sur la musique, il rassemble les musiciens. La photo magnifie l’instant: en effet, sans l’œil des photographes, ces musiciens ne seraient aujourd’hui que des abstractions. Ces images nous révèlent un mode d’ombres et de lumières, de mystères, et aussi que la musique est une aventure humaine sublime.

The photographic speech do not pose value judgement on music, it brings together the musicians. The picture glorifies the moment: in fact, without the photographer’s vision, these musicians would be today nothing but abstractions. These images reveal to us a world of shadows and lights mysteries, and also that music is a sublime human adventure.

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