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CIDIHCA - Centre International de Documentation et d'Information Haitienne, Caribéenne et Afro-Canadienne

La mythologie du vaudou haïtien

Importé d’Afrique par les esclaves, le culte vaudou s’adresse à des figures divines, qui ont nom lwa (mot sans doute issu du nigérian odua, «seigneurs»), zanj (anges), mistè (invisibles mystères), danti (anciens, sages), ou encore, proses collectivement, guinen. Il s’agit d’ancêtres divinisés dont les noms, les apparences, les comportements reprennent ceux des principales ethnies qui ont composé la nation haïtienne, en les magnifiant au niveau archétypal. Ces figures transcendantes qui régissent les grands domaines de la nature ou de la vie humaine correspondent à des couches psychologiques inconscientes, à des réserves profondes d’énergie spécifiques aux fidèles ou au groupe. Le rôle des rituels est précisément d’y livrer accès.

Dans le temple vaudou, la maison des dieux

L’ounfò, ou maison des dieux, est le lieu de culte de la congrégation et le lieu de travail de l’oungan (prêtre) ou de la manbo (prêtresse). Outre un péristyle, avec un poteau central (ou potomitan) et des piliers cardinaux (ou potokwen), il comprend des bagi (ou chambres sacrées pour les dieux) et un djévò pour l’initiation. On trouve dans les proches environs le granbwa (bosquet sacré), la source sacrée, le cimetière, la forge d’Ogou, la croix de Baron et les arbres reposoirs.

La médecine sacrée

En cas d’accident de santé, les Haïtiens commencent par recourir à la médecine familiale, aux services d’un spécialiste local de médecine naturelle ou traditionnelle, ou d’un médecin de la ville. La maladie est-elle inexplicable, refuse-t-elle de guérir malgré tous les soins, est-elle survenue dans un contexte de conflit et de menaces, s’agit-il de troubles psychiques ? Si l’on soupçonne qu’elle est, non pas naturelle, mais de nature mystique, qu’elle a pour cause une opération malfaisante ou magique, ou bien une dysharmonie entre les lwa et les fidèles ou leur famille, il y a lieu alors de consulter un spécialiste de médecine sacrée : oungan, manbo, ganga, bòkò, etc.

Une année liturgique

Le cycle des ancêtres, à l’équinoxe d’automne, avec la fête de Notre-Dame-de-la-Merci, la cérémonie de Coucher des ignames et le festival des gede 47, marque le recommencement de l’année civile aussi, en Haïti, le 1er janvier (jour de l’Indépendance, naissance de la nouvelles nation) est immédiatement suivi du jour des Ancêtres (le 2 janvier). Tous ces rituels religieux viennent s’ajouter, dans l’année d’un vaudouisant, à ceux accomplis à l’occasion des grands pèlerinages.

Danse, musique et possession

Le vaudou attire et repousse à la fois. Danses, musiques, couleurs, parfums, boissons et fêtes : il séduit et flatte les sensibilités par tout ce qu’il utilise dans son approche du sucré et que les religions occidentales ont perdu en chemin. Mais, par ailleurs, les possessions religieuses et la transe inquiètent, inspirant la crainte car elles mettent en jeu les forces de l’inconscient, l’incontrôlable par excellence.

Le vaudou dans l’espace religieux Haïtien

Le statut singulier du vaudou en Haïti tient à ce qu’il est la seul religion à être née sur le sol et à s’être développée en même temps et dans les mêmes conditions que la population, à partir de la rencontre d’Indiens, d’européens et de Noirs arrachés à de multiples ethnies. L’héritage vaudou, africain en substance, garde, à des degrés divers, des traces de ses origines multiculturelles.

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