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La
Constitution
PRÉAMBULE
Le Peuple Haïtien proclame la présente Constitution:
Pour garantir ses droits inaliénables et imprescriptibles à la vie, a la
liberté et la poursuite du bonheur; conformément à son Acte
d'indépendance de 1804 et à la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme de 1948.
Pour constituer une nation haïtienne socialement juste économiquement
libre et politiquement indépendante.
Pour rétablir un État stable et fort, capable de protéger les
valeurs,les traditions, la souveraineté, l'indépendance et la vision
nationale.
Pour implanter la démocratie qui implique le pluralisme idéologique et
l'alternance politique et affirmer les droits inviolables du Peuple
Haïtien.
Pour fortifier l'unité nationale, en éliminant toutes discrimations
entre les populations des villes et des campagnes, par
l'acceptation de la communauté de langues et de culture et par la
reconnaissance du droit au progrès, à l'information, à l'éducation, à la
santé, au travail et au loisir pour tous les citoyens.
Pour assurer la séparation, et la répartition
harmonieuse des Pouvoirs de l'Etat au service des intérêts fondamentaux
et prioritaires de la Nation.
Pour instaurer un régime gouvernemental basé sur les libertés
fondamentales et le respect des droits humains, la paix sociale,
l'équité économique, la concertation et la participation de toute la
population aux grandes décisions engageant la vie nationale, par une
décentralisation effective.
TITRE I
DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
SON EMBLÈME - SES SYMBOLES
CHAPITRE I
DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Article 1:
Haïti est une République, indivisible, souveraine,
indépendante, coopératiste, libre, démocratique et sociale.
Article 1.1:
La ville de Port-au-Prince est sa Capitale et le siège de son
Gouvernement. Ce siège peut: être déplacé en cas de force majeure.
Article 2:
Les couleurs nationales sont: le bleu et le rouge.
Article 3:
L'emblême de la Nation Haïtienne est le Drapeau qui répond à la
description suivante:
a) Deux (2) bandes d'étoffe d'égales dimensions: l'une bleue en haut,
l'autre rouge en bas, placées horizontalement;
b) Au centre, sur un carré d'étoffe blanche, sont disposées les Armes de
la République;
c) Les Armes de la République sont : Le Palmiste surmonté du Bonnet de la
Liberté et, ombrageant des ses Palmes, un Trophée d'Armes avec la
Légende:
L'Union fait la Force.
Article 4:
La devise nationale est: Liberté - Égalité - Fraternité.
Article 4.1:
L'Hymne National est: La Dessalinienne.
Article 5:
Tous les Haïtiens sont unis par une Langue commune : le Créole.
- Le Créole et le Français sont les langues officielles de la République.
Article 6:
L'Unité monétaire nationale est : La GOURDE. Elle est divisée en centimes.
Article 7:
Le culte de la personnalité est formellement interdit. Les effigies, les
noms de personnages vivants ne peuvent figurer sur la monnaie, les
timbres, les vignettes. Il en est de même pour les bâtiments publics,
les rues et les ouvrages d'art.
Article 7.1:
L'utilisation d'effigie de personne décédée doit obtenir l'approbation
de l'Assemblée Nationale.
CHAPITRE II
DU TERRITOIRE DE LA RÉPUBLIQUE D'HAÏTI
Article 8:
Le territoire de la République d'Haïti comprend:
a) La partie Occidentale de l'Ile d'Haïti ainsi que les Iles adjacentes:
la Gonâve, La Tortue, l'Ile à Vache, les Cayenites, La Navase, La Grande
Caye et les autres iles de la Mer Territoriale; Il est limité à l'Est par la République Dominicaine, au Nord par l'Océan
Atlantique, au Sud et à l'Ouest par la mer des Caraïbes ou mer des
Antilles.
b) La mer territoriale et la zone économique exclusive;
c) Le milieu aérien surplombant la partie Terrestre et Maritime.
Article 8.1:
Le Territoire de la République d'Haïti est inviolable et ne peut-être
aliéné ni en tout, ni en partie par aucun Traité ou Convention..
Article 9:
Le Territoire de la République est divisé et subdivisé en Départements,
Arrondissements, Communes, Quartiers et Sections Communales.
Article 9.1:
La Loi détermine le nombre, les limites de ces divisions et subdivisions
et en règle l'organisation et le fonctionnement.
TITRE II
DE LA NATIONALITÉ HAÏTIENNE
Article 10:
Les règles relatives à la Nationalité Haïtienne sont déterminées par la
Loi.
Article 11:
Possède la Nationalité Haïtienne d'origine, tout individu né d'un père
haïtien ou d'une mère haïtienne qui eux-mêmes sont nés Haïtiens et
n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance.
Article 12:
La Nationalité Haïtienne peut être acquise par la naturalisation.
Article 12.1:
Tout étranger après cinq (5) ans de résidence continue sur le Territoire
de la République peut obtenir la nationalité haïtienne par
naturalisation, en se conformant aux règles établies par la Loi.
Article 12.2:
Les Haïtiens par naturalisation sont admis à exercer leur de vote, mais
ils doivent attendre cinq (5) ans après la date de leur naturalisation
pour être éligible ou occuper des fonctions publiques autres que celles
réservées par la Constitution et par la Loi des haïtiens d'origine.
Article 13:
La Nationalité haïtienne se perd par :
a) La Naturalisation acquise en Pays étranger;
b) L'occupation d'un poste politique au service d'un Gouvernement
Etranger;
c) La résidence continue à l'étranger pendant trois (3) ans d'un individu
étranger naturalisé haïtien sans une autorisation régulièrement accordée
par l'Autorité compétente. Quiconque perd ainsi la nationalité
haïtienne, ne peut pas la recouvrer.
Article 14:
L'Haïtien naturalisé en pays étranger peut recouvrer sa Nationalité
haïtienne, en remplissant toutes les conditions et formalités imposées à
l'étranger par la loi.
Article 15:
La double nationalité haïtienne et étrangère n'est admise dans aucun
cas.
TITRE III
DU CITOYEN
DES DROITS et DEVOIRS FONDAMENTAUX
CHAPITRE I
DE LA QUALITÉ DU CITOYEN
Article 16:
La réunion des droits civils et politiques constitue la qualité du
citoyen.
Article 16.1:
La jouissance, l'exercice, la suspension et la perte de ses droits sont
réglés par la loi.
Article 16.2:
L'âge de la majorité est fixé à dix-huit (18) ans.
Article 17:
Les haïtiens sans distinction de sexe et d'état civil, âgé de dix-huit
(18) ans accomplis, peuvent exercer leurs droits civils et politiques
s'ils réunissent les autres conditions prévues par la Constitution et
par la loi.
Article 18:
Les haïtiens sont égaux devant loi sous la réserve des avantages
conférés aux haïtiens d'origine qui n'ont jamais renoncé à leur
nationalité.
CHAPITRE II
DES DROITS FONDAMENTAUX
SECTION A : DROIT A LA VIE ET A LA SANTÉ
Article 19:
L'Etat a l'impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la
santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans
distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme.
Article 20:
La peine de mort est abolie en toute matière.
Article 21:
Le crime de haute trahison consiste à porter les armes dans une armée
étrangère contre la République, à servir une nation étrangère contre la
République, dans le fait par tout fonctionnaire de voler les biens de l'Etat
confiés à sa gestion ou toute violation de la Constituion par ceux
chargés de la faire respecter.
Article 21.1:
Le crime de haute trahison est puni de la peine des travaux forcés à
perpétuité sna commutation de peine.
Article 22:
L'Etat reconnaît le droit de tout citoyen à un logement décent, à
l'éducation, à l'alimentation et à la sécurité sociale.
Article 23:
L'Etat est astreint à l'obligation d'assurer à tous les citoyens dans
toutes les collectivités territoriales les moyens appropriés pour
garantir la protection, le maintien et le rétablissement de leur santé
par la création d'hôpitaux, centres de santé et de dispensaires.
SECTION B : DE LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE
Article 24:
La liberté individuelle est garantie et protégée par l'Etat.
Article 24.1:
Nul ne peut-être poursuivi, arrêté ou détenu que dans les cas déterminés
par la loi et selon les formes qu'elle prescrit.
Article 24.2:
L'arrestation et la détention, sauf en cas de flagrant délit, n'auront
lieu que sur un mandat écrit d'un fonctionnaire légalement compétent.
Article 24.3:
Pour que ce mandat puisse être exécuté, il faut:
a) Qu'il exprime formellement en créole et en français le ou les motifs de
l'arrestation ou de la détention et la disposition de loi qui punit le
fait imputé;
b) Qu'il soit notifié et qu'il en soit laissé copie au moment de
l'exécution à la personne prévenue;
c) Qu'il soit notifié au prévenu de son droit de se faire assister d'un
avocat à toutes les phases de l'instruction de l'affaire jusqu'au
jugement définitif;
d) Sauf le cas de flagrant délit, aucune arrestation sur mandat, aucune
perquisition ne peut se faire entre six (6) heures du soir et six (6)
heures du matin.;
e) La responsabilité est personnelle. Nul ne peut être arrêté à la place
d'un autre.
Article 25:
Toute rigueur ou contrainte qui n'est pas nécessaire pour appréhender
une personne ou la maintenir en détention, toute pression morale ou
brutalité physique notamment pendant l' interrogation sont interdites.
Article 25.1:
Nul ne peut être interrogé en absence de son avocat ou d'un témoin de
son choix.
Article 26:
Nul ne peut 6etre maintenu en détention s'il n'a comparu dans les
quarantes huit (48) heures qui suivent son arrestation, par devant un
juge appelé à statuer sur la légalité de l'arrestation et si ce juge n'a
confirmé la détention par décision motivée.
Article 26.1:
En cas de contravention, l'inculpé est déf'ré par devant le juge de paix
qui statue définitivement.
En cas de délit ou de crime, le prévenu peut, sans permission préalable
et sur simple mémoire, se pourvoir devant le doyen du tribunal de
première instance du ressort qui, sur les conclusions du Ministère
Public, statue à l'extraordinaire, audience tenante, sans remise ni tour
de rôle, toutes affaires cessantes sur la légalité de l'arrestation et
de la détention.
Article 26.2:
Si l'arrestation est jugée illégale, le Juge ordonne la libération
immédiate du détenu et cette décision exécutoire sur minute nonobstant
appel, pourvoi en cassation ou défense d'exécuter.
Article 27:
Toutes violations des dispositions relatives à la liberté individuelle
sont des actes arbitraires. Les personnes lésées peuvent, sans
autorisation préalable, se référer aux tribunaux compétents pour
poursuivre les auteurs et les exécuteurs de ces actes arbitraires
quelles que soient leurs qualités et à quelque Corps qu'ils
appartiennent.
Article 27.1:
Les fonctionnaires et les employés de l'Etat sont directement
responsables selon les lois pénales, civiles et administratives des
actes accomplis en violation de droits. Dans ces cas, la responsabilité
civile s'étend aussi à l'Etat.
SECTION C : DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
Article 28:
Tout haïtien ou toute haïtienne a le droit d'exprimer librement ses
opinions, en toute matière par la voie qu'il choisit.
Article 28.1:
Le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la loi.
Cet exercice ne peut être soumis à aucune autorisation, ni censure sauf
en cas de guerre.
Article 28.2:
Le journaliste ne peut être forcé de révéler ses sources. Il a toutefois
pour devoir d'en vérifier l'authenticité et l'exactitude des
informations.
Il est également tenu de respecter l'éthique professionelle.
Article 28.3:
Tout délit Presse ainsi que les abus du droit d'expression relèvent du
Code Pénal.
Article 29:
Le droit de pétition est reconnu. Il est exercé personnellement par un,
une ou plusieurs citoyens mais jamais au nom d'un Corps.
Article 29.1:
Toute pétition adressée au Pouvoir Législatif doit donner lieu à
procédure réglementaire permettant de statuer sur son objet.
SECTION D : DE LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE
Article 30:
Toutes les religions et tous les cultes sont libres. Toute personne a le
droit de professer sa religion et son culte, pourvu que l'exercice de ce
droit ne trouble pas l'ordre et la paix publics.
Article 30.1:
Nul ne peut être contraint à faire partie d'une association ou à suivre
un enseignement religieux contraire à ses convictions.
Article 30.2:
La loi établit les conditions de reconnaissance et de fonctionnement des
religions et des cultes.
SECTION E : LIBERTÉ DE RÉUNION ET D'ASSOCIATION
Article 31:
La liberté d'association et de réunion sans armes à des fins politiques,
économiques, sociales, culturelles ou toutes autres fins pacifiques est
garantie.
Article 31.1:
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du
suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils
doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la
démocratie.
La loi détermine leurs conditions de reconnaissance et de
fonctionnement, les avantages et privilèges qui leur sont réservés.
Article 31.2:
Les réunions sur la voie publique sont sujettes à notification préalable
aux autorités de police.
Article 31.3:
Nul ne peut être contraint de s'affilier à une association, quelqu'en
soit le caractère.
SECTION F: DE L'EDUCATION ET DE L'ENSEIGNEMENT
Article 32:
L'Etat garantit le droit à l'éducation. Il veille à la formation
physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de
la population.
Article 32.1:
L'éducation est une charge de l'Etat et des collectivités territoriales.
Ils doivent mettre l'école gratuitement à la portée de tous, veiller au
niveau de formation des Enseignements des secteurs public et privé.
Article 32.2:
La première charge de l'Etat et des collectivités territoriales est la
scolarisation massive, seule capable de permettre le développement du
pays.
L'Etat encourage et facilite l'initiative privée en ce domaine.
Article 32.3:
L'enseignement primaire est obligatoire sous peine de sanctions à
déterminer par la loi. Les fournitures classiques et le matériel
didactique seront mis gratuitement par l'Etat à la disposition des
élèves au niveau de l'enseignement primaire.
Article 32.4:
L'enseignement agricole, professionnel, coopératif et technique est une
responsabilité primordiale de l'Etat et des communes.
Article 32.5:
La formation pré-scolaire et maternelle ainsi que l'enseignement
non-formel sont encouragés.
Article 32.6:
L'accès aux Etudes Supérieures est ouvert en pleine égalité à tous,
uniquement en fonction du mérite.
Article 32.7:
L'Etat doit veiller à ce que chaque collectivité territoriale, section
communale, commune, département soit doté d'établissements
d'enseignement indispensables, adaptés aux besoins de son
développement, sans toutefois porter préjudice à la priorité de
l'enseignement agricole, professionnel, coopératif et technique qui doit
être largement diffusé.
Article 32.8:
L'Etat garantit aux handicapés et aux surdoués des moyens pour assurer
leur autonomie, leur éducation, leur indépendance.
Article 32.9:
L'Etat et les collectivités territoriales ont pour devoir de prendre
toutes les dispositions nécessaires en vue d'intensifier la campagne
d'alphabétisation des masses. Ils encouragent toutes les initiatives
privées tendant à cette fin.
Article 32.10:
L'enseignement a droit à un salaire de base équitable.
Article 33:
L'enseignement est libre à tous les degrés. Cette liberté s'exerce sous
le contrôle de l'Etat.
Article 34:
Hormis les cas de flagrant délit, l'enceinte des établissements
d'enseignement est inviolable. Aucune force de l'ordre ne peut y
pénétrer qu'en accord avec la Direction desdits établissements.
Article 34.1:
Cette disposition ne s'applique pas quand un établissement scolaire est
utilisé à d'autre fins.
SECTION G : DE LA LIBERTÉ DU TRAVAIL
Article 35:
La liberté du travail est garantie. Tout citoyen a pour obligation de se
consacrer à un travail de son choix en vue de subvenir à ses besoins et
à ceux de sa famille, de cooperer avec l'Etat à l'établissement d'un
système de sécurité sociale.
Article 35.1:
Tout employé d'une institution privée ou publique a droit à un juste
salaire, au repos, au congé annuel paye et au bonus.
Article 35.2:
L'Etat garantit au travailleur, l'égalité des conditions de travail et
de salaire quel que soit son sexe, ses croyances, ses opinions et son
statut matrimonial.
Article 35.3:
La liberté syndicale est garantie. Tout travailleur des secteurs privé
et public peut adhérer au Syndicat de ses activités professionnelles
pour la défense exclusivement de ses intérêts de travail.
Article 35.4:
Le syndicat est essentiellement apolitique, à but non lucratif et non
confessionnel. Nul ne peut être contraint d'y adhérer.
Article 35.5:
Le droit de grève est reconnu dans les limites déterminée par la loi.
Article 35.6:
La loi la limite d'âge pour le travail salarié. Des Lois Spéciales
règlementent le travail des enfants mineurs et des gens de maison.
SECTION H : DE LA PROPRIÉTÉ
Article 36:
La propriété privée est reconnue et garantie. La loi en détermine les
modalités d'acquisition, de jouissance ainsi que les limites.
Article 36.1:
L'expropriation pour cause d'utilité publique peut avoir lieu moyennant
le paiement ou la consignation ordonnée par justice aux ordres de qui de
droit, d'une juste et préalable indemnité fixée à dire d'expert.
Si le projet initial est abandonné, l'expropriation est annulée et
l'immeuble ne pouvant être l'objet d'aucune autre spéculation, doit être
restitué à son propriétaire originaire, sans aucun remboursement pour le
petit propriétaire. La mesure d'expropriation est effective à partir de
la mise en oeuvre du projet.
Article 36.2:
La Nationalisation et la confiscation des biens, meubles et immeubles
pour causes politiques sont interdites.
Nul ne peut être privé de son droit légitime de propriété qu'en vertu
d'un jugement rendu par un Tribunal de droit commun passé en force de
chose souverainement jugée, sauf dans le cadre d'une réforme agraire.
Article 36.3:
La propriété entraîne également des obligations. Il n'en peut être fait
usage contraire à l'intérêt général.
Article 36.4:
Le propriétaire foncier doit cultiver, exploiter le sol et le protéger,
notamment contre l'érosion. La sanction de cette obligation est prévue
par la loi.
Article 36.5:
Le droit de propriété ne s'étend pas au littoral, aux sources, rivières,
cours d'eau, mines et carrières. Ils font partie du domaine public de l'Etat.
Article 36.6:
La loi fixe les règles qui conditionnent la liberté de prospection et le
droit d'exploter les mines, minières et carrières du sous-sol, en
assurant au propriétaire de la surface, aux concessionnaires et à l'Etat
haïtien une participation équitable au profit que procure la mise en
valeur de ces ressources naturelles.
Article 37:
La loi fixe les conditions de morcellement et de remembrement de la
terre en fonction du plan d'aménagement du territoire et du bien -être
des communautés concernées, dans le cadre d'une réforme agraire.
Article 38:
La propriété scientifique, littéraire et artistique est protégée par la
loi.
Article 39:
Les habitants des sections communales ont un droit de préemption pour
l'exploitation des terres du domaine privé de l'Etat situées dans leur
localité.
SECTION I : DROIT A L'INFORMATION
Article 40:
Obligation est faite à l'Etat de donner publicité par voie de presse
parlée, écrite et télévisée, en langues créole et française aux lois,
arrêtés, décrets, accords internationaux, traités, conventions, à tout
ce qui touche la vie nationale, exception faite pour les informations
relevant de la sécurité nationale.
SECTION J : DROIT A LA SÉCURITÉ
Article 41:
Aucun individu de nationalité haïtienne ne peut être déporté ou forcé de
laisser le territoire national pour quelque motif que ce soit.
Nul ne peut être privé pour des motifs politiques de sa capacité
juridique et de sa nationalité.
Article 41.1:
Aucun haítien n'a besoin de visa pour laisser le pays ou pour y revenir.
Article 42:
Aucun citoyen, civil ou militaire ne peut être distrait des juges que la
constitution et les lois lui assignent.
Article 42.1:
Le militaire accusé de crime de haute trahidon envers la patrie est
passible du tribunal de droit commun.
Article 42.2:
La justice militaire n'a juridiction que:
a) Dans les cas de violation des règlements du Manuel de justice militaire
par des militaires;
b) Dans les cas de conflits entre les membres des forces armées;
c) En cas de guerre.
Article 42.3:
Les cas de conflit entre civils et militaires, les abus, violences et
crimes perpétrés contre un civil par un militaire dans l'exercice de ses
fonctions, relèvent exclusivement des tribunaux de droit commun.
Article 43:
Aucune visite domiciliaire, aucune saisie de papier ne peut avoir lieu
qu'en vertu de la loi et dans les formes qu'elle prescrit.
Article 44:
Les déténus provisoires attendant d'être jugés doivent être séparés de
ceux qui purgent une peine.
Article 44.1:
Le régime des prisons doit répondre aux normes attachées au respect de
la dignité humaine selon la loi sur la matière.
Article 45:
Nulle peine ne peut être établie que par la loi, ni appliquée que dans
les cas que celle-ci détermine.
Article 46:
Nul ne peut être obligé, en matière criminelle, correctionnelle ou de
simple police, à témoigner contre lui-même ou ses parents jusqu'au
quatrième degré de consanguinité ou deuxième degré d'alliance.
Article 47:
Nul ne peut être contraint à prêter serment que dans le cas et dans les
formes prévus par la loi.
Article 48:
L'Etat veillera à ce qu'une caisse de pension civile de retraite soit
établie dans les secteurs privé et public. Elle sera alimentée par les
contributions des employeurs et employés suivant les critères et
modalités établis par la loi. L'allocation de la pension est un droit et
non une faveur.
Article 49:
La liberté, le secret de la correspondance et de toutes les autres de
communication sont inviolables. Leur limitation ne peut se produire que
par un acte motivé de l'autorité judiciaire, selon les garanties fixée
par la loi.
Article 50:
Dans le cadre de la constitution et de la loi, le jury est établi en
matiere criminelle pour les crimes de sang et en matière de délits
politiques.
Article 51:
La loi ne peut avoir d'effet rétroactif, sauf en matière pénale quand
elle est favorable à l'accusé.
CHAPITRE III
DES DEVOIRS DU CITOYEN
Article 52:
A la qualité de citoyen se rattache le devoir civique. Tout droit est
contrebalancé par le devoir correspondant.
Article 52.1:
Le devoir civique est l'ensemble des obligations du citoyen dans l'ordre
moral, politique, social et économique vis-à-vis de l'Etat et de la
patrie.
Ces obligations sont:
a) respecter la constitution et l'emblème national;
b) respecter les lois;
c) voter aux élections sans contrainte;
d) payer ses taxes;
e) servir de juré;
f) défendre le pays en cas de guerre;
g) s'instruire et se perfectionner;
h) respecter et protéger l'environnement;
i) respecter scrupuleusement les deniers et biens de l'Etat;
j) respecter le bien d'autrui;
k) oeuvrer pour le maintien de la paix;
l) fournir assistance aux personnes en danger;
m) respecter les droits et la liberté d'autrui.
Article 52.2:
La dérogation à ces prescriptions est sanctionnée par la loi.
Article 52.3:
Il est établi un service civique mixte obligatoire dont les conditions
de fonctionnement sont établies par la loi.
TITRE IV
DES ÉTRANGERS
Article 53:
Les conditions d'admission et de séjour des étrangers dans le pays sont
établies par la loi.
Article 54:
Les étrangers qui se trouvent sur le territoire de la République
bénéficient de la même protection que celle qui est accordée aux
haïtiens, conformément à la loi.
Article 54.1:
L'étranger jouit des droits civils, des droits économiques et sociaux
sous
la réserve des dispositions légales relatives au droit de propriété
immobilière, à l'exercice des professions, au commerce de gros, à la
représentation commerciale et aux opérations d'importation et
d'exportation.
Article 55:
Le droit de propriété immobilière est accordé à l'étranger résidant en
Haïti pour les besoins de sa demeure.
Article 55.1:
Cependant, l'étranger résidant en Haïti ne peut être propriétaire de
plus d'une maison d'habitation dans un même arrondissement. Il ne peut
en aucun cas se livrer au trafic de location d'immeubles. Toutefois, les
sociétés étrangères de promotion immobilière bénéficient d'un statut
spécial réglé par la loi.
Article 55.2:
Le droit de propriété immobilière est également accordé à l'étranger
résidant en Haïti et aux sociétés étrangères pour les besoins de leurs
entreprises agricoles, commerciales, industrielles, religieuses,
humanitaires ou d'enseignement, dans les limites et conditions
déterminées par la loi.
Article 55.3:
Aucun étranger ne peut être propriétaire d'un immeuble borné par la
frontière terrestre haïtienne.
Article 55.4:
Ce droit prend fin cinq (5) années après que l'étranger n'a cessé de
résider dans le pays ou qu'ont cessé les opérations de ces sociétés,
conformément à la loi qui détermine les règlements à suivre pour la
transmission et la liquidation des biens appartenant aux étrangers.
Article 55.5:
Les contrevenants aux sus-dites dispositions ainsi que leurs complices
seront punis conformément à la loi.
Article 56:
L'étranger peut être expulsé du territoire de la République lorsqu'il
s'immisce dans la vie politique du pays et dans les cas déterminés par
la loi.
Article 57:
Le droit d'asile est reconnu aux réfugiés politiques.
TITRE V
DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE
Article 58:
La souveraineté nationale réside dans l'universalité des citoyens.
Les citoyens exercent directement les prérogatives de la souveraineté
par:
a) l'élection du Président de la République;
b) l'élection des membres du Pouvoir législatif;
c) l'élection des membres de tous autres corps ou de toutes assemblées
prévues par la constitution et par la loi.
Article 59:
Les citoyens délèguent l'exercice de la souveraineté nationale à trois
(3) pouvoirs:
a) le pouvoir législatif;
b) le pouvoir exécutif;
c) le pouvoir judiciaire.
e principe de séparation des trois (3) pouvoirs est consacré par la
constitution.
Article 59.1:
L'ensemble de ces trois (3) pouvoirs constitue le fondement essentiel de
l'organisation de l'Etat qui est civil.
Article 60:
Chaque pouvoir est indépendant des deux (2) autres dans ses attributions
qu'il exerce séparément.
Article 60.1:
Aucun d'eux ne peut, sous aucun motif, déléguer ses attributions en tout
ou en partie, ni sortir des limites qui sont fixées par la constitution
et par la loi.
Article 60.2:
La responsabilité entière est attachée aux actes de chacun des trois (3)
pouvoirs.
CHAPITRE I
DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ET DE LA DÉCENTRALISATION
Article 61:
Les collectivités territoriales sont la section communale, la commune et
le département.
Article 61.1:
La loi peut créer toute autre collectivité territoriale.
SECTION A : DE LA SECTION COMMUNALE
Article 62:
La section communale est la plus petite entité territoriale
administrative de la République.
Article 63:
L'administration de chaque section communale est assurée par un conseil
de trois (3) membres élu au suffrage universel pour une durée de quatre
(4) ans. Ils sont indéfiniment rééligibles. Son mode d'organisation et
de fonctionnement est réglé par la loi.
Article 63.1:
Le conseil d'administration de la section communale est assisté dans sa
tâche par une assemblée de la section communale.
Article 64:
L'Etat a pour obligation d'établir au niveau de chaque section communale
les structures propres à la formation sociale, économique, civique et
culturelle de sa population.
Article 65:
Pour être membre du conseil d'administration de la section communale, il
faut:
a) être haïtien et âgé de 25 ans au moins;
b) avoir résidé dans la section communale deux (2) ans avant les élections
et continuer à y résider;
c) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine afflictive et infamante.
SECTION B: DE LA COMMUNE
Article 66:
La Commune a l'autonomie administrative et financière. Chaque Commune de
la République est administrée par un Conseil de trois (3) membres élus
au suffrage universel dénommé Conseil Municipal.
Article 66.1:
Le Président du Conseil porte le titre de Maire. Il est assisté de
Maires-adjoints.
Article 67:
Le Conseil Municipal est assisté dans sa tâche d'une Assemblée
municipale formée notamment d'un représentant de chacune de ses Sections
communales.
Article 68:
Le mandat du Conseil municipal est de quatre (4) ans et ses membres sont
indéfiniment rééligibles.
Article 69:
Le mode d'organisation et de fonctionnement de la Commune et du Conseil
municipal sont réglés par la loi.
Article 70:
Pour être élu membre d'un Conseil municipal, il faut:
a) être haïtien
b) être âgé de vingt-cinq (25) ans accomplis.
c) jouir de ses droits civils et politiques.
d) n'avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante.
e) avoir résidé au moins 3 ans dans la Commune et s'engager à y résider
pendant la durée de son mandat.
Article 71:
Chaque Conseil municipal est assisté sur sa demande d'un Conseil
technique fourni par l'administration centrale.
Article 72:
Le Conseil municipal ne peut-être dissous qu'en cas d'incurie, de
malversation ou d'administration frauduleuse légalement prononcée par le
tribunal compétent.
En cas de dissolution, le Conseil départemental supplée immédiatement à
la vacance et saisit le Conseil Electoral Permanent dans les soixante
(60) jours à partir de la date de la dissolution en vue de l'élection
d'un nouveau Conseil devant gérer les intérêts de la Commune pour le
temps qui reste à courir. Cette procédure s'applique en cas de vacance
pour toute autre cause.
Article 73:
Le Conseil municipal administre ses ressources au profit exclusif de la
municipalité et rend compte à l'Assemblée municipale qui elle-même en
fait rapport au Conseil départemental.
Article 74:
Le Conseil municipal est gestionnaire privilégié des biens fonciers du
domaine privé de l'Etat situés dans les limites de sa Commune. Ils ne
peuvent être l'objet d'aucune transaction sans l'avis préalable de
l'Assemblée municipale.
SECTION C : DE L'ARRONDISSEMENT
Article 75:
L'arrondissement est une division administrative pouvant regrouper
plusieurs communes. Son organisation et son fonctionnement sont réglés
par la loi.
SECTION D : DU DÉPARTEMENT
Article 76:
Le département est la plus grande division territoriale. Il regroupe les
arrondissements.
Article 77:
Le département est une personne morale. Il est autonome.
Article 78:
Chaque département est administré par un Conseil de trois (3) membres
élus pour quatre (4) ans par l'Assemblée départementale.
Article 79:
Le membre du Conseil départemental n'est pas forcément tiré
del'Assemblée mais il doit:
a) être haïtien et âgé de vingt-cinq (25) ans au moins;
b) avoir résidé dans le département trois (3) ans avant les élections et
s'engager à y résider pendant la durée du mandat;
c) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine à la fois afflictive et infamante.
Article 80:
Le Conseil départemental est assisté dans sa tâche d'une Assemblée
départementale formée d'un (1) représentant de chaque assemblée
municipale.
Article 80.1:
Ont accès aux réunions de l'Assemblée avec voix consultative:
a) les députés, les sénateurs du département;
b) un (1) représentant de chaque association socio-professionnelle ou
syndicale;
c) le délégué départemental;
d) les directeurs des services publics du département.
Article 81:
Le Conseil départemental élabore en collaboration avec l'administration
centrale, le plan de développement du département.
Article 82:
L'organisation et le fonctionnement du conseil départemental et de
l'assemblée départementale sont réglés par la loi.
Article 83:
Le conseil départemental administre ses ressources financières au profit
exclusif du département et rend compte à l'Assemblée départementale qui
elle-même en fait rapport à l'administration centrale.
Article 84:
Le conseil départemental peut être dissous encas d'incurie, de
malversations ou d'administration frauduleuse légalement constatées par
le tribunal compétent.
En cas de dissolution, l'administration centrale nomme une commission
provisoire et saisit le conseil électoral permanent en vue de l'élection
d'un nouveau conseil pour le temps à courir dans les soixante (60) jours
de la dissolution.
SECTION E : DES DÉLÉGUÉS ET VICE-DÉLÉGUÉS
Article 85:
Dans chaque chef-lieu de département, le pouvoir exécutif nomme un
représentant qui porte le titre de délégué. Un vice-délégué placé sous
l'autorité du délégué est également nommé dans chaque chef-lieu
d'arrondissement.
Article 86:
Les délégués et vice-délégués assurent la coordination et le contrôle
des services publics et n'exercent aucune fonction de police répressive.
Les autres attributions des délégués et vice-délégués sont déterminées
par la loi.
SECTION F: DU CONSEIL INTERDEPARTEMENTAL
Article 87
L'Exécutif est assisté d'un (1) Conseil interdépartemental dont les
membres sont désignés par les assemblées départementales à raison d'un
(1) par département.
Article 87.1:
Ce représentant, choisi parmi les membres des assemblées départementales
sert de liaison entre le département et le pouvoir exécutif.
Article 87.2:
Le conseil interdépartemental, de concert avec l'Exécutif, étudie et
planifie les projets de décentralisation et de développement du pays, au
point de vue social, économique, commercial, agricole et industriel.
Article 87.3:
Il assiste aux séances de travail du Conseil des ministres lorsquélles
traitent des objets mentionnés au précédent paragraphe avec voix
délibérative.
Article 87.4:
La décentralisation doit être accompagnée de la déconcentration des
services publics avec délégation de pouvoir et du décloisonnement
industriel au profit des départements.
Article 87.5:
La loi détermine l'organisation et le fonctionnement du conseil
interdépartemental ainsi que la fréquence des séances du Conseil des
ministres auxquelles il participe.
CHAPITRE II
DU POUVOIR LÉGISLATIF
Article 88:
Le pouvoir législatif s'exerce par deux (2) Chambres représentatives.
Une (1) Chambre des députés et un (1) Sénat qui forment le Corps
Législatif.
SECTION A : DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS
Article 89:
La Chambre des députés est un corps composé de membres élus au suffrage
direct par les citoyens et chargé d'exercer au nom de ceux-ci et de
concert avec le Sénat les attributions du Pouvoir législatif.
Article 80:
Chaque collectivité municipale constitue une circonscription électorale
et élit un (1) député.
La loi fixe le nombre de députés au niveau des grandes agglomérations
sans que ce nombre n'excède trois (3). En attendant l'application des
alinéas précédents, le nombre de députés ne peut être inférieur à
soixante-dix (70).
Article 90.1:
Le député est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés dans les
assemblées primaires, selon les conditions et le mode prescrits par la
loi électorale.
Article 91:
Pour être membre de la Chambre des députés, il faut:
1) être haïtien ou haïtienne d'origine et n'avoir jamais renoncé à sa
nationalité;
2) être âgé de vingt-cinq (25) ans accomplis;
3) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine afflictive ou infamante pour un crime de droit commun;
4) avoir résidé au moins deux (2) années consécutives précédant la date
des élections dans la circonscription électorale à répresenter;
5) Etre propriétaire d'un immeuble au moins dans la circonscription ou y
exercer une profession ou une industrie;
6) avoir reçu décharge, le cas échéant, comme gestionnaire de fonds
publics.
Article 92:
Les députés sont élus pour quatre (4) ans et sont indéfiniment
rééligibles.
Article 92.1:
Ils entrent en fonction le deuxième lundi de janvier et siègent en deux
(2) sessions annuelles. La durée de leur mandat forme une législature.
Article 92.2:
La première session va du deuxième lundi de janvier au deuxième lundi de
mai. La seconde, du deuxième lundi du mois de juin au deuxième lundi de
septembre.
Article 92.3:
Le renouvellement de la Chambre des députés se fait intégralement tous
les quatre (4) ans.
Article 93:
La Chambre des députés, outre les attributions qui lui sont dévolues par
la Constitution en tant que branche du pouvoir législatif, a le
privilège de mettre en accusation le Chef de l'Etat, le Premier
Ministre, les Ministres ,les Secrétaires d'Etat par devant la Haute Cour
de justice, par une majorité des 2/3 de ses membres. Les autres
attributions de la Chambre des
députés lui sont assignées par la Constitution et par la loi.
SECTION B : DU SÉNAT
Article 94:
Le Sénat est un Corps composé de membres élus au suffrage direct par les
citoyens et chargé d'exercer en leur nom, de concert avec la Chambre des
Députés, les attributions du Pouvoir législatif.
Article 94.1:
Le nombre des sénateurs est fixé à trois (3) sénateurs par département.
Article 94.2:
Le sénateur de la République est élu au suffrage universel à la majorité
absolue dans les assemblées primaires tenues dans les Départements
géographiques, selon les conditions prescrites par la loi électorale.
Article 95:
Les sénateurs sont élus pour six (6) ans et sont indéfiniment
rééligibles.
Article 95.1:
Les sénateurs siègent en permanence.
Article 95.2:
Le Sénat peut cependant s'ajourner excepté durant la session
législative.
Lorsqu'il s'ajourne, il laisse un comité permanent chargé d'expédier les
affaires courantes. Ce comité ne peut prendre aucun arrêté, sauf pour la
convocation du Sénat.
Dans les cas d'urgence, l'Exécutif peut également convoquer le Sénat
avant la fin de l'ajournement.
Article 95.3:
Le renouvellement du Sénat se fait par tiers (1/3) tous les deux ans.
Article 96:
Pour être élu sénateur, il faut:
1) être haïtien d'origine et n'avoir jamais renoncé à sa nationalité;
2) être âgé de trente (30) ans accomplis;
3) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine afflictive et infamante pour un crime de droit commun;
4) avoir résidé dans le département à représenter au moins quatre (4)
années consécutives précédant la date des élections;
5) être propriétaire d'un immeuble au moins dans le département ou y
exercer une profession ou une industrie;
6) avoir obtenu décharge, le cas échéant, comme gestionnaire de fonds
publics.
Article 97:
En addition aux responsabilités qui sont inhérentes en tant que branche
du Pouvoir législatif, le Sénat exerce les attributions suivantes:
1) proposer à l'Exécutif la liste des juges de la Cour de Cassation selon
les prescriptions de la Constitution;
2) s'ériger en Haute Cour de justice;
3) Exercer toutes autres attributions qui lui sont assignées par la
présenteConstitution et par la loi.
SECTION C : DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Article 98:
La réunion en une seule Assemblée des deux (2) branches du pouvoir
législatif constitue l'Assemblée Nationale.
Article 98.1:
L'Assemblée Nationale se réunit pour l'ouverture et la clôture de chaque
Session et dans tous les autres cas prévus par la Constitution.
Article 98.2:
Les pouvoirs de l'Assemblée Nationale sont limités et ne peuvent
s'étendre à d'autres objets que ceux qui sont spécialement attribués par
la Constitution.
Article 98.3:
Les attributions sont:
1) de recevoir le serment constitutionnel du Président de la République;
2) de ratifier toute décision, de déclarer la guerre quand toutes les
tentatives de conciliation ont échoué;
3) d'approuver ou de rejeter les traités et conventions internationales;
4) d'amender la Constitution selon la procédure qui y est indiquée;
5) de ratifier la décision de l'Exécutif de déplacer le siège du
Gouvernement dans les cas déterminés par l'ARTICLE Premier de la
présente Constitution;
6) de statuer sur l'opportunité de l'Etat de siège, d'arrêter avec
l'Exécutif les garanties constitutionnelles à suspendre et de se
prononcer sur toute demande de renouvellement de cette mesure;
7) de concourir à la formation du Conseil Electoral Permanent conformément
à l'ARTICLE 192 de la Constitution;
8) de recevoir à l'ouverture de chaque session, le bilan des activités du
Gouvernement.
Article 99:
L'Assemblée Nationale est présidée par le Président du Sénat. assísté du
Président de la Chambre des députés en qualité de Vice-Président. Les
Secrétaires du Sénat et ceux de la Chambre des députés sont les
Secrétaires de l'Assemblée Nationale.
Article 99.1:
En cas d'empêchement du Président du Sénat, l'Assemblée Nationale est
présidée par le Président de la Chambre des députés, le Vice-Président
du Sénat devient alors Vice-Président de l'Assemblée Nationale.
Article 99.2:
En cas d'empêchement des deux (2) Présidents, les deux (2)
Vice-Président y suppléent respectivement.
Article 100:
Les séances de l'Assemblée sont publiques. Néanmoins, elles peuvent
avoir lieu à huis clos sur la demande de cinq (5) membres et il sera
ensuite décidé à la majorité absolue si la séance doit être reprise en
public.
Article 101:
En cas d'urgence, lorsque le corps législatif n'est pas en session, le
pouvoir exécutifpeut convoquer l'Assemblée Nationale à l'extraordinaire.
Article 102:
L'Assemblée Nationale ne peut siéger ou prendre des décisions et des
résolutions sansla présence en son sein de la mojorité de chacune des
deux (2) Chambres.
Article 103:
Le corps législatif a son siège à Port-au-Prince. Néanmoins, suivant les
circonstances, ce siège sera transféré ailleurs au même lieu et en même
temps que celui du pouvoir exécutif.
SECTION D : DE L'EXERCICE DU POUVOIR LÉGISLATIF
Article 104:
La session du corps législatif prend date dès l'ouverture des deux (2)
Chambres en Assemblée Nationale.
Article 105:
Dans l'intervalle des sessions ordinaires et en cas d'urgence, le
Président de la République peut convoquer le corps législatif en session
extraordinaire.
Article 106:
Le Chef du pouvoir exécutif rend compte de cette mesure par un message.
Article 107:
Dans le cas de convocation à l'extraordinaire du corps législatif, il ne
peut décider sur aucun objet étranger au motif de la convocation.
Article 107.1:
Cependant, tout sénateur ou député peut entretenir l'Assemblée à
laquelle il appartient de question d'intérêt général.
Article 108:
Chaque Chambre vérifie et valide les pouvoirs de ses membres et juge
souverainement les contestations qui s'élèvent à ce sujet.
Article 109:
Les membres de chaque Chambre prêtent le serment suivant:
"Je jure de m'acquitter de ma tâche, de maintenir et de sauvegarder les
droits du Peuple et d'être fidèle à la Constitution."
Article 110:
Les séances des (2) deux Chambres sont publiques. Chaque Chambre peut
travailler à huis clos sur la demande de cinq (5) membres et décider
ensuite à la majorité si la séance doit être reprise en public.
Article 111:
Le Pouvoir législatif fait des lois sur tous les objets d'intérêt
public.
Article 111.1:
L'initiative en appartient à chacune des deux (2) Chambres ainsi qu'au
pouvoir exécutif.
Article 111.2:
Toutefois l'initiative de la Loi Budgétaire, des lois concernant
l'assiette, la quotité et le mode de perception des impôts et
contributions, de celles ayant pour objet de créer des recettes ou
d'augmenter les recettes et les dépenses de l'Etat est du ressort du
pouvoir exécutif. Les projets présentés à cet égard doivent être votés
d'abord par la Chambre des députés.
Article 111.3:
En cas de désaccord entre les deux (2) Chambres relativement aux lois
mentionnées dans le précédent paragraphe, chaque Chambre nomme au
scrutin de liste et en nombre égal une commission parlementaire qui
résoud en dernier ressort le désaccord.
Article 111.4:
Si le désaccord se produit à l'occasion de toute autre loi, celle-ci
sera ajournée jusqu'à la session suivante. Si à cette session et même en
cas de renouvellement des Chambres, la loi étant présentée à nouveau,
une entente ne se réalise pas, chaque Chambre nomme au scrutin de liste
et en nombre égal, une commission parlementaire chargée d'arrêter le
texte définitif qui sera soumis aux deux (2) Assemblées, à commencer par
celle qui avait primitivement voté la loi. Et si ces nouvelles
délibérations ne donnent aucun résultat, le projet ou la proposition de
loi sera retiré.
Article 111.5:
En cas de désaccord, entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif,
la commission deconciliation prévue à l'Article 206 ci-après, est saisie
du différend sur demande de l'une des parties.
Article 111.6:
Si la commission échoue dans sa mission, elle dresse un procès-verbal de
non conciliation qu'elle transmet aux deux (2) hautes parties et en
donne avis à la Cour de Cassation.
Article 111.7:
Dans la huitaine de la réception de ce procès-verbal, la Cour de
cassation se saisit d'office du différend. La Cour statue en sections
réunies, toutes affaires cessantes. La décision sera finale et s'impose
aux hautes parties.
Si entre temps, une entente survient entre les hautes parties, les
termes de l'entente arrêteront d'office la procédure en cours.
Article 111.8:
En aucun cas, la Chambre des députés ou le Sénat ne peut être dissous ou
ajourné, ni le mandat de leurs membres prorogé.
Article 112:
Chaque Chambre au terme de ses règlements, nomme son personnel, fixe sa
discipline et détermine le mode suivant lequel elle exerce ses
attributions.
Article 112.1:
Chaque Chambre peut appliquer à ces membres pour conduite répréhensible,
par décision prise à la majorité des 2/3, des peines disciplinaires
sauf, celle de la radiation.
Article 113:
Sera déchu de sa qualité de député ou de sénateur, tout membre du Corps
législatif qui, pendant la durée de son mandat, aura été frappé d'une
condamnation prononcée par un tribunal de droit commun qui a acquis
autorité de chose jugée et entraîne l'inégibilité.
Article 114:
Les membres du Corps législatif sont inviolables du jour de leur
prestation de serment jusqu'à l'expiration de leur mandat, sous réserve
des dispositions de l'article 115 ci-après.
Article 114.1:
Ils ne peuvent être en aucun temps poursuivis et attaqués pour les
opinions et votes émis par eux dans l'exercice de leur fonction.
Article 114.2:
Aucune contrainte par corps ne peut être exécutée contre un membre du
Corps législatif pendant la durée de son mandat.
Article 115:
Nul membre du Corps législatif ne peut, durant son mandat, être arrêté
en matière criminelle, correctionnelle ou de police pour délit de droit
commun, si ce n'est avec l'autorisation de la Chambre à laquelle il
appartient, sauf le cas de flagrant délit pour faits emportant une peine
afflictive et infamante. Il en est alors référé à la Chambre des députés
ou au Sénat
sans délai si le Corps législatif est en session, dans le cas contraire,
à l'ouverture de la prochaine session ordinaire ou extraordinaire.
Article 116:
Aucune des deux (2) Chambres ne peut siéger, ni prendre une résolution
sans la présence de la majorité de ses membres.
Article 117:
Tous les actes du Corps législatif doivent être pris à la majorité des
membres présents, excepté s'il en est autrement prévu par la présente
Constitution.
Article 118:
Chaque Chambre a le droit d'enquêter sur les questions dont elle est
saisie.
Article 119:
Tout le projet de loi doit être voté Artcile par Article.
Article 120:
Chaque Chambre a le droit d'amender et de diviser les ARTICLES et
amendements proposés. Les Amendements votés par une Chambre ne peuvent
faire partie d'un projet de loi qu'après avoir été votés par l'autre
Chambre dans la même forme et en des termes identiques. Aucun projet de
loi ne devient loi qu'après avoir été voté dans la même forme par les
deux (2) Chambres.
Article 120.1:
Tout projet peut être retiré de la discussion tant qu'il n'a pas été
définitivement voté.
Article 121:
Toute loi votée par le Corps législatif est immédiatement adressée au
Président de la République qui, avant de la promulguer, a le droit d'y
faire des objections en tout ou en partie.
Article 121.2:
Si la loi ainsi amendée est votée par la seconde Chambre, elle sera
adressée de nouveau au Président de la République pour être promulguée.
Article 121.3:
Si les objections sont refetées par la Chambre qui a primitivement voté
la loi, elle est renvoyée à l'autre Chambre avec les objections.
Article 121.4:
Si la seconde Chambre vote également le rejet, la loi est renvoyée au
Président de la République qui est dans l'obligation de la promulguer.
Article 121.5:
Le rejet des objections est voté par l'une ou l'autre Chambre à la
majorité prévue par l'Article 117. Dans ce cas, les votes de chaque
Chambre seront émis au scrutin secret.
Article 121.6:
Si dans l'une ou l'autre Chambre, la majorité prévue à l'alinéa
précédent n'est pas obtenue pour le rejet, les objections sont
acceptées.
Article 122:
Le droit d'objection doit être exercé dans un délai de huit (8) jours
francs à partir de la date de la réception de la loi par le Président de
la République.
Article 123:
Si dans les délais prescrits, le Président de la République ne fait
aucune objection, la loi doit être promulguée à moins que la session du
Corps législatif n'ait pris fin avant l'expiration des délais, dans ce
cas, la loi demeure ajournée. La loi ainsi ajournée est, à l'ouverture
de la Session suivante, adressée au Président de la République pour
l'exercice de son droit d'objection.
Article 124:
Un projet de loi rejeté par l'une des deux (2) Chambres ne peut être
présenté de nouveau dans la même session.
Article 125:
Les lois et autres actes du Corps législatif et de l'Assemblée Nationale
seront rendus exécutoires par leur promulgation et leur publication au
Journal Officiel de la République.
Article 125.1:
Ils sont numérotés, insérés dans le bulletin imprimé et numéroté ayant
pour titre BULLETIN DES LOIS ET ACTES.
Article 126:
La loi prend date du jour de son adoption définitive par les deux (2)
Chambres.
Article 127:
Nul ne peut en personne présenter des pétitions à la tribune du Corps
législatif.
Article 128:
L'interprétation des lois par voie d'autorité, n'appartient qu'au
Pouvoir législatif, elle est donnée dans la forme d'une loi.
Article 129:
Chaque membre du Corps législatif reçoit une indemnité mensuelle à
partir de sa prestation de serment.
Article 129.1:
La fonction de membre du Corps législatif est incompatible avec toute
autre fonction rétribuée par l'Etat, sauf celle d'enseignement.
Article 129.2:
Le droit de questionner et d'interpeller un membre du Gouvernement ou le
Gouvernement tout entier sur les faits et actes de l'Administration est
reconnu à tout membre des deux (2) Chambres.
Article 129.3:
La demande d'interpellation doit être appuyée par cinq (5) membres du
Corps intéressé.Elle aboutit à un vote de confiance ou de censure pris à
la majorité de ce Corps.
Article 125.4:
Lorsque la demande d'interpellation aboutit à un vote de censure sur une
question se rapportant au programme où à une déclaration de politique
générale du Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président
de la République, la démission de son Gouvernement.
Article 125.5:
Le Président doit accepter cette démission et nommer un nouveau Premier
Ministre, conformément aux dispositions de la Constitution.
Article 129.6:
Le Corps législatif ne peut prendre plus d'un vote de censure par an sur
une question se rapportant au programme ou à une déclaration de
politique générale de Gouvernement.
Article 130:
En cas de mort, de démission, de déchéance, d'interdiction judiciaire ou
d'acceptation d'une fonction incompatible avec celle de membre du Corps
législatif, il est pourvu au remplacement du député ou du sénateur dans
sa circonscription électorale pour le temps seulement qui reste à courir
par une élection partielle sur convocation de l'Assemblée Primaire
Electorale faite par le Conseil Electoral Permanent dans le mois même de
la vacance.
Article 130.1:
L'élection a lieu dans une période de trente (30) jours après la
convocation de l'Assemblée Primaire, conformément à la Constitution.
Article 130.2:
Il en est de même à défaut d'élection ou en cas de nullité des élections
prononcées par le Conseil Electoral Permanent dans une ou plusieurs
circonscriptions.
Article 130.3:
Cependant, si la vacance se produit au cours de la dernière session
ordinaire de la Législature ou après la session, il n'y a pas lieu à
l'élection partielle.
SECTION E : DES INCOMPATIBILITÉS
Article 131:
Ne peuvent être élus membres du Corps législatif:
1) le concessionnaire ou cocontractant de l'Etat pour l'exploitation des
services publics;
2) les représentants ou mandataires des concessionnaires ou cocontractants
de l'Etat, compagnies ou sociétés concessionnaires ou cocontractants de
l'Etat;
3) les délégués, vice-délégueés, les juges, les officiers du Ministère
Public dont les fonctions n'ont pas cessé six (6) mois avant la date
fixée pour les élections;
4) toute personne se trouvant dans les autres cas d'inégibilité prévus par
la présente Constitution et par la loi.
Article 132:
Les membres du pouvoir exécutif et les directeurs généraux de
l'Administration publique ne peuvent être élus membres du Corps
législatif s'ils ne démissionnent un (1) an au moins avant la date des
élections.
CHAPITRE III
DU POUVOIR EXECUTIF
Article 133:
Le pouvoir exécutif est exercé par :
a) le Président de la République, Chef de l'Etat;
b) le Gouvernement ayant à sa tête un Premier Ministre.
SECTION A : DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Article 134:
Le Président de la République est élu au suffrage universel direct à la
majorité absolue des votants. si celle-ci n'est pas obtenue au premier
tour, il est procédé à un second tour.
Seuls peuvent s'y présenter les deux (2) candidats qui, le cas échánt,
après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli
le plus grand nombre de voix au premier tour.
Article 134.1:
La durée du mandat présidentiel est de cinq (5) ans. Cette période
commence et se terminera le 7 février suivant la date des élections.
Article 134.2:
Les élections présidentielles ont lieu le dernier dimanche de novembre
de la cinquième année du mandat présidentiel.
Article 134.3:
Le Président de la République ne peut bénéficier de prolongation de
mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat, qu'après un intervalle de
cinq (5) ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat.
Article 135:
Pour être élu Président de la République d'Haïti, il faut:
a) être haïtien d'origine et n'avoir jamais renoncé à sa nationalité;
b) être âgé de trente-cinq (35) ans accomplis au jour des élections;
c) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condanmé
à une peine afflictive et infamante pour crime de droit commun;
d) être propriétaire en Haïti d'un immeuble au moins et avoir dans le pays
une résidence habituelle;
e) résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives avant la date
des élections;
f) avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers
publics.
Article 135.1:
Avant d'entrer en fonction, le Président de la République prête devant
l'Assemblée Nationale le serment suivant:
"Je jure, devant Dieu et devant la Nation, d'observer fidèlement la
Constitution et les lois de la République, de respecter et de faire
respecter les droits du peuple haïtien, de travailler à la grandeur de
la Patrie, de maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du
territoire."
SECTION B : DES ATTRIBUTIONS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Article 136:
Le Président de la République, Chef de l'Etat, veille au respect et à
l'exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il
assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la
continuité de l'Etat.
Article 137:
Le Président de la République choisit un Premier Ministre parmi les
membres du parti ayant la majorité au Parlement. A défaut de cette
majorité, le Président de la République choisit son Premier Ministre en
consultation avec le Président du Sénat et celui de la Chambre des
députés. Dans les deux (2) cas le choix doit être ratifié par le
Parlement.
Article 137.1:
Le Président de la République met fin aux fonctions du Premier Ministre
sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.
Article 138:
Le Président de la République est le garant de l'Indépendance Nationale
et de l'Intégrité du Territoire.
Article 139:
Il négocie et signe tous traités, conventions et accords internationaux
et les soumet à la ratification de l'Assemblée Nationale.
Article 139.1:
Il accrédite les Ambassadeurs et les Envoyés Extraordinaires auprès des
puissances étrangères, reçoit les lettres de créance des Ambassadeurs
des puissances étrangères et accorde l'exéquatur aux Consuls.
Article 140:
Il déclare la guerre, négocie et signe les traités de paix avec
l'approbation de l'Assemblée Nationale.
Article 141:
Le Président de la République, après approbation du Sénat nomme par
arrêté pris en Conseil des Ministres, le Commandant en Chef des Forces
Armées, le Commandant en Chef de la Police, les Ambassadeurs et les
Consuls généraux.
Article 142:
Par arrêté pris en Conseil des Ministres, le Président de la République
nomme les directeurs généraux de l'Administration publique, les délégués
et vice-délégués des départements et arrondissements. Il nomme
également, après approbation du Sénat, les conseils d'administration des
organismes autonomes.
Article 143:
Le Président de la République est le Chef nominal des Forces Armées, il
ne les commande jamais en personne.
Article 144:
Il fait sceller les lois du Sceau de la République et les promulgue dans
les délais prescrits par la Constitution. Il peut avant l'expriration de
ce délai, user de son droit d'objection.
Article 145:
Il veille à l'exécution des décisions judiciaires, conformément à la
loi.
Article 146:
Le Président de la République a le droit de grâce et de commutation de
peine relativement à toute condamnation passée en force de chose jugée,
à l'exception des condamnations prononcées par la Haute Cour de Justice
ainsi qu'il est prévu dans la présente Constitution.
Article 147:
Il ne peut accorder amnistie qu'en matière politique et selon les
prescriptions de la loi.
Article 148:
Si le Président se trouve dans l'impossibilité temporaire d'exercer ses
fonctions, le Conseil des Ministres sous la présidence du Premier
Ministre, exerce le pouvoir exécutif tant que dure l'empêchement.
Article 149:
En cas de vacance de la Présidence de la République pour quelque cause
que ce soit, le Président de la Cour de Cassation de la République ou, à
son défaut, le Vice-Président de cette Cour ou à défaut de celui-ci, le
juge le plus ancien et ainsi de suite par ordre d'ancienneté, est
investi provisoirement de la fonction de Président de la République par
l'Assemblée Nationale dûment convoquée par le Premier Ministre. Le
scrutin pour l'élection du nouveau Président pour un nouveau mandat de
cinq (5) ans a lieu quarante-cinq (45) jours au moins et
quatre-vingt-dix (90) jours au plus après l'ouverture de la vacance,
conformément à la Constitution et à la Loi Electorale.
Article 149.1:
Ce Président provisoire ne peut en aucun cas se porter candidat à la
plus prochaine élection présidentielle.
Article 150:
Le Président de la République n'a d'autres pouvoirs que ceux que lui
attribue la Constitution.
Article 151:
A l'ouverture de la Première session législative annuelle, le Président
de la République, par un message au Corps législatif, fait l'Exposé
général de la situation. Cet exposé ne donne lieu à aucun débat.
Article 152:
Le Président de la République reçoit du Trésor public une indemnité
mensuelle à partir de sa prestation de serment.
Article 153:
Le Président de la République a sa résidence officielle au Palais
National, à la capitale, sauf en cas de déplacement du siège du pouvoir
exécutif.
Article 154:
Le Président de la République préside le Conseil des Ministres.
SECTION C : DU GOUVERNEMENT
Article155:
Le Gouvernement se compose du Premier Ministre, des Ministres et des
Secrétaires d'Etat. Le Premier Ministre est le Chef de Gouvernement.
Article 156:
Le Gouvernement conduit la politique de la Nation. Il est responsable
devant le Parlement dans les conditions prévues par la Constitution.
Article 157:
Pour être nommé Premier Ministre, il faut:
1) être haïtien d'origine et n'avoir pas renoncé à sa nationalité;
2) être âgé de trente (30) ans accomplis;
3) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine afflictive et infamante;
4) être propriétaire en Haïti ou y exercer une profession;
5) résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives;
6) avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers
publics.
SECTION D : DES ATTRIBUTIONS DU PREMIER MINISTRE
Article 158:
Le Premier Ministre en accord avec le Président choisit les membres de
son Cabinet ministériel et se présente devant le Parlement afin
d'obtenir un vote de confiance sur sa déclaration de politique générale.
Le vote a lieu au scrutin public et à la majorité absolue de chacune des
deux (2) Chambres.
Dans le cas d'un vote de non confiance par l'une des deux (2) Chambres,
la procédure recommence.
Article 159:
Le Premier Ministre fait exécuter les lois. En cas d'absence,
d'empêchement temporaire du Président de la République ou sur sa
demande, le Premier Ministre préside le Conseil des Ministres. Il a le
pouvoir règlementaire, mais il ne peut jamais suspendre, ni interpréter
les lois, actes et décrets, ni se dispenser de les exécuter.
Article 159.1:
De concert avec le Président de la République, il est responsable de la
Défense Nationale.
Article 160:
Le Premier Ministre nomme et révoque directement ou par délégation les
fonctionnaires publics selon les conditions prévues par la Constitution
et par la loi sur le statut général de la Fonction Publique.
Article 161:
Le Premier Ministre et les Ministres ont leurs entrées aux Chambres pour
soutenir les projets de lois et les objections du Président de la
République ainsi que pour répondre aux interpellations.
Article 162:
Les actes du Premier Ministre sont contresignés, le cas échéant par les
Ministres chargés de leur exécution. Le Premier Ministre peut être
chargé d'un portefeuille ministériel.
Article 163:
Le Premier Ministre et les Ministres sont responsables solidairement
tant des actes du Président de la République qu'ils contresignent que de
ceux de leurs ministères. Ils sont également responsables de l'exécution
des lois, chacun en ce qui le concerne.
Article 164:
La fonction de Premier Ministre et celle de membre du Gouvernement sont
incompatibles avec tout mandat parlementaire. Dans un tel cas, le
parlementaire opte pour l'une ou l'autre fonction.
Article 165:
En cas de démission du Premier Ministre, le Gouvernement reste en place
jusqu'à la nomination de son successeur pour expédier les affaires
courantes.
SECTION E : DES MINISTRES ET DES SECRÉTAIRES D'ETAT
Article 166:
Le Président de la République préside le Conseil des Ministres. Le
nombre de ceux-ci ne peut être inférieur à dix (10).
Le Premier Ministre quand il le juge nécessaire adjoindra aux Ministres,
des Secrétaires d'Etat.
Article 167:
La loi fixe le nombre des Ministères.
Article 168:
La fonction ministérielle est incompatible avec l'exercice de tous
autres emplois publics, sauf ceux de l'Enseignement supérieur.
Article 169:
Les Ministres sont responsables des actes du Premier Ministre qu'ils
contresignent. Ils sont solidairement responsables de l'exécution des
lois.
Article 169.1:
En aucun cas, l'ordre écrit ou verbal du Président de la République ou
du Premier Ministre ne peut soustraire les Ministres à la responsabilité
attachée à leurs fonctions.
Article 170:
Le Premier Ministre, les Ministres et les Secrétaires d'Etat reçoivent
des indemnités mensuelles établies par la Loi Budgétaire.
Article 171:
Les Ministres nomment certaines catégories d'agents de la Fonction
Publique par délégation du Premier Ministre, selon les conditions fixées
par la loi sur la Fonction Publique.
Article 172:
Lorsque l'une des deux (2) Chambres, à l'occasion d'une interpellation
met en cause la responsabilité d'un Ministre par un vote de censure
pris à la majorité absolue de ses membres, l'Exécutif renvoie le
Ministre.
CHAPITRE IV
DU POUVOIR JUDICIAIRE
Article 173:
Le pouvoir judiciaire est exercé par une Cour de Cassation, les Cours
d'Appel, les tribunaux de première instance, les tribunaux de paix et
les tribunaux spéciaux dont le nombre, la composition, l'organisation,
le fonctionnement et la juridiction sont fixés par la loi.
Article 173.1:
Les contestations qui ont pour objet les droits civils sont
exclusivement du ressort des tribunaux.
Article 173.2:
Nul tribunal, nulle juridiction contentieuse ne peut être établie qu'en
vertu de la loi. Il ne peut être créé de tribunal extraordinaire sous
quelque dénomination que ce soit.
Article 174:
Les juges de la Cour de Cassation et des Cours d'Appel sont nommés pour
dix (10) ans. Ceux des tribunaux de première instance le sont pour sept
(7) ans. Leur mandat commence à courir à compter de leur prestation de
serment.
Article 175:
Les juges de la Cour de Cassation sont nommés par le Président de la
République sur une liste de trois (3) personnes par siège soumise par le
Sénat. Ceux des cours d'appel et des tribunaux de première instance le
sont sur une liste soumise par l'Assemblée départementale concernée; les
juges de paix sur une liste préparée par les Assemblées communales.
Article 176:
La loi règle les conditions exigibles pour être juge à tous les degrés.
Une Ecole de la Magistrature est créée.
Article 177:
Les juges de la Cour de Cassation, ceux des Cours d'Appel et des
tribunaux de première instance sont inamovibles. Ils ne peuvent être
destitués que pour forfaiture légalement prononcée ou suspendus qu'à la
suite d'une inculpation. Ils ne peuvent être l'objet d'affectation
nouvelle, sans leur consentement, même en cas de promotion. Il ne peut
être mis fin à leur service durant leur mandat qu'en cas d'incapacité
physique ou mentale permanente dûment constatée.
Article 178:
La Cour de Cassation ne connaît pas du fond des affaires. Néanmoins, en
toutes matières autres que celles soumises au Jury lorsque sur un second
recours, même sur une exception, une affaire se présentera entre les
mêmes parties, la Cour de Cassation admettant le pourvoi, ne prononcera
point de renvoi et statuera sur le fond, sections réunies.
Article 178.1:
Cependant, lorsqu'il s'agit de pourvoi contre les ordonnances de référé,
du juge d'instruction, les ordonnances du juge d'instruction, les arrêts
d'appel rendus à l'occasion de ces ordonnances ou contre les sentences
en dernier ressort des tribunaux de paix ou des décisions de tribunaux
spéciaux de la Cour de Cassation admettant les recours statue sans
renvoi.
Article 179:
Les fonctions de juge sont incompatibles avec toutes autres fonctions
salariées, sauf celle de l'Enseignement.
Article 180:
Les Audiences des tribunaux sont publiques. Toutefois, elles peuvent
être tenues à huis clos dans l'intérêt de l'ordre public et des bonnes
moeurs, sur décision du tribunal.
Article 180.1:
En matière de délit politique et de délit de presse, les huis clos ne
peut être prononcé.
Article 181:
Les arrêts ou jugements rendus et exécutés au nom de la République. Ils
portent le mandement exécutoire aux officiers du Ministète Public et aux
agents de la Force ublique. Les actes de notaires susceptibles
d'exécution forcée sont mis dans la même forme.
Article 182:
La Cour de Cassation se prononce sur les conflits d'attributions,
d'après le mode réglé par la loi.
Article 182.1:
Elle connait des faits et du droit dans tous les cas de décisions
rendues par les tribunaux militairres.
Article 183:
La Cour de Cassation à l'occasion d'un litige et sur le renvoi qui lui
en est fait, se prononce en Sections réunies sur l'inconstitutionnalité
des lois.
Article 183.1:
L'interprétation d'une loi donnée par les Chambres législatives s'impose
pour l'objet de cette loi, sans qu'elle puisse rétroagir en ravissant
des droits acquis.
Article 183.2:
Les tribunaux n'appliquent les arrêtés et règlements d'Administration
publique que pour autant qu'ils sont conformes aux lois.
Article 184:
La loi détermine les compétences des Cours et des tribunaux, règle la
façon de procéder devant eux.
Article 184.1:
Elle prévoit également les sanctions disciplinaires à prendre contre les
juges et les officiers du Ministère Public, à l'exception des juges de
la Cour de Cassation qui sontjusticiables de la Haute Cour de Justice
pour forfaiture.
CHAPITRE V
DE LA HAUTE COUR DE JUSTICE
Article 185:
Le Sénat peut s'ériger en Haute Cour de Justice. Les travaux de cette
Cour sont dirigés par le Président du Sénat assisté du Président et du
Vice-Président de la Cour de Cassation comme Vice-Président et
Secrétaire, respectivement, sauf si des juges de la Cour de Cassation ou
des Officiers du Ministère Public près cette Cour sont impliqués dans
l'accusation, auquel cas, le Président du Sénat se fera assister de deux
(2) Sénateurs dont l'un sera désigné par l'inculpé et les Sénateurs
sus-visés n'ont voix délibérative.
Article 186:
La Chambre des Députés, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses
membres prononce la mise en accusation:
a) du Président de la République pour crime de haute trahison ou tout
autre crime ou délit commis dans l'exercice de ses fonctions;
b) du Premieur Ministre, des Ministres et des Secrétaires d'Etat pour
crimesde haute trahison et de malversations, ou d'excès de Pouvoir ou
tousautres crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions;
c) des membres du Conseil Electoral Permanent et ceux de la Cour
Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif pour fautes
graves commises dans l'exercice de leurs fonctions;
d) des juges et officiers du Ministère Public près de la Cour de Cassation
pour forfaiture;
e) du Protecteur du citoyen.
Article 187:
Les membres de la Haute Cour de Justice prêtent individuellement et à
l'ouverture de 'audience le serment suivant:
"Je jure devant Dieu et devant la Nation de juger avec l'impartialité et
la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre, suivant ma
conscience et mon intime conviction".
Article 188:
La Haute Cour de Justice, au scrutin secret et à la majorité absolue ,
désigne parmi ses membres une Commission chargée de l'instruction.
Article 188.1:
La décision, sous forme de décret est rendue sur le rapport de la
Commission d'Instruction et à la majorité des deux tiers (2/3) des
membres de la Haute Cour de Justice.
Article 189:
La Haute Cour de Justice ne siège qu'à la majorité des deux tiers (2/3)
de ses membres.
Article 189.1:
Elle ne peut prononcer d'autre peine que la destitution, la déchéance et
la privation du droit d'exercer toute fonction publique durant cinq (5)
ans au moins et quinze (15) au plus.
Article 189.2:
Toutefois, le condamné peut être traduit devant les tribunaux
ordinaires, conformément à la loi, s'il y a lieu d'appliquer d'autres
peines ou de statuer sur l'exercice de l'action civile.
Article 190:
La Haute Cour de Justice, une fois saisie, doit siéger jusqu'au prononcé
de la décision, sauf tenir compte de la durée des Sessions du Corps
législatif.
TITRE VI
DES INSTITUTIONS INDÉPENDANTES
CHAPITRE I
DU CONSEIL ÉLECTORAL PERMANENT
Article 191:
Le Conseil Electoral est chargé d'organiser et de contrôler en toute
indépendance, toutes les opérations électorales sur tout le territoire
de la République jusqu'à la proclamation des résultats du scrutin.
Article 191.1:
Il élabore également le Projet de Loi Electorale qu'il soumet au Pouvoir
exécutif pour les suites nécessaires.
Article 191.2:
Il s'assure de la tenue à jour des listes électorales.
Article 192:
Le Conseil Electoral comprend (9) neuf membres choisis sur une liste de
(3) trois noms proposés par chacune des Assemblées départementales:
3 sont choisis par le Pouvoir exécutif;
3 sont choisis par la Cour de Cassation;
3 sont choisis par l'Assemblée Nationale.
Les organes sus-cités veillent, autant que possible, à ce que chacun des
départements soit représenté.
Article 193:
Pour être membre du Conseil Electoral Permanent, il faut:
1) être haítien d'origine;
2) être âgé au moins de 40 ans révolus;
3) jouir de ses droits civils et politiques et n'avoir jamais été condamné
à une peine afflictive et infamante;
4) avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable de deniers
publics;
5) avoir résidé dans le pays au moins trois (3) ans avant sa nomination.
Article 194:
Les membres du Conseil Electoral Permanent sont nommés pour une période
de (9) neuf ans non renouvelable. Ils sont inamovibles.
Article 194.1:
Le Conseil Electoral Permanent est renouvelable par tiers tous les (3)
trois ans. Le Président est choisi parmi les membres.
Article 194.2:
Avant d'entrer en fonction, les membres du Conseil Electoral Permanent
prêtrent le serment suivant devant la Cour de Cassation:
"Je jure de respecter la Constitution et les dispositions de la Loi
Electorale et de m'acquitter de ma tâche avec dignité, indépendance,
impartialité et patriotisme".
Article 195:
En cas de faute grave commise dans l'exercice de leur fonction, les
membres du Conseil Electoral Permanent sont passibles de la Haute Cour
de Justice.
Article 196:
Les membres du Conseil Electoral Permanent ne peuvent occuper aucune
fonction publique, ni se porter candidat à une fonction élective pendant
toute la durée de leur mandat.
En cas de démission, tout membre du Conseil doit attendre trois (3) ans
avant de pouvoir briguer une fonction élective.
Article 197:
Le Conseil Electoral Permanent est le Contentieux de toutes les
contestations soulevées à l'occasion soit des élections, soit de
l'application ou de la violation de la loi électorale, sous réserve de
toute poursuite légale à entreprendre le ou les coupables par devant les
tribunaux compétents.
Article 198:
En cas de vacance créée par décès, démission ou toute autre cause, il
est pourvu au remplacement du membre, suivant la procédure fixée par
l'Article 192 pour le temps qui reste à courir, compte tenu du Pouvoir
qui avait désigné le membre à remplacer.
Article 199:
La loi détermine les règles d'organisation et de fonctionnement du
Conseil Electoral Permanent.
CHAPITRE II
DE LA COUR SUPÉRIEURE DES COMPTES
ET
DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF
Article 200:
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif est une
juridiction financière, administrative, indépendante et autonome. Elle
est chargée du contrôle administratif et juridictionnel des recettes et
des dépenses de l'Etat, de la vérification de la comptabilité des
Entreprises de l'Etat ainsi que de celles des collectivités
territoriales.
Article 200.1:
La Cour Supérieure des Comptes du Contentieux Administratif connait des
litiges mettant en cause l'Etat et les Collectivités territoriales,
l'Administration et les fonctionnaires publics, les services publics et
les administrés.
Article 200.2:
Ses décisions ne sont susceptibles d'aucun recours sauf, de pourvoi en
cassation.
Article 200.3:
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif comprend
deux sections:
1) la section du Contrôle financier;
2) la section du Contentieux administratif.
Article 200.4:
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif participe
à l'élaboration du Budget et est consultée sur toutes les questions
relatives à la législation sur les Finances Publiques et sur tous les
Projets de Contrats, Accords et Conventions à caractère financier et
commercial auxquels l'Etat est partie. Elle a le droit de réaliser les
audits dans toutes administrations publiques.
Article 200.5:
Pour être membre de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux
Administratif, il faut:
a) être haïtien et n'avoir jamais renoncé à sa Nationalité;
b) être âgé de trente-cinq (35) ans accomplis;
c) avoir reçu décharge de sa gestion lorsquón a été comptable des deniers
publics;
d) être licencié en droit ou être comptable agréé ou détenteur d'un
diplôme d'Etudes Supérieures d'Administration Publique, d'Economie et de
Finances publiques;
e) avoir une expérience de (5) années dans une Administration publique ou
privée;
f) jouir de ses droits civils et politiques.
Article 200.6:
Les candidats à cette fonction font directement le dépôt de leur
candidature au Bureau du Sénat de la République. Le Sénat élit les dix
(10) membres de la Cour, qui parmi eux désignent leurs Président et
Vice-Président.
Article 201:
Ils sont investis d'un (1) mandat de dix (10) années et sont
inamovibles.
Article 202:
Avant d'entrer en fonction les membres de la Cour Supérieure des Comptes
et du Contentieux Administratif prêtent devant une Section de la Cour de
Cassation, le serment suivant:
"Je jure de respecter la Constitution et les lois de la République, de
remplir mes fonctions avec exactitude et loyauté et de me conduire en
tout avec dignité".
Article 203:
Les membres de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux
Administratif sont justiciables de la Haute Cour de Justice pour les
fautes graves commises dans l'exercice de leur fonction.
Article 204:
La Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif fait
parvenir chaque année au Corps législatif dans les trente 930) jours qui
suivent l'ouverture de la Première Session législative, un rapport
complet sur la situation financière du Pays et sur l'efficacité des
dépenses publiques.
Article 205:
L'organisation de la Cour sus-mentionnée, le statut de ses membres, son
mode de fonctionnement sont établis par la loi.
CHAPITRE III
DE LA COMMISSION DE CONCILIATION
Article 206:
La Commission de Conciliation est appelée à trancher les différends qui
opposent le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ou les deux (2)
branches du pouvoir législatif. Elle est formée ainsi qu'il suit:
a) le président de la Cour de Cassation: Président;
b) le président du Sénat: Vice-Président;
c) le Président de la Chambre des députés: Membre:
d) le président du Conseil Electoral Permanent: Membre;
e) le vice-président du Conseil Electoral Permanent: Membre;
f) deux (2) ministres désignés par le Président de la République: Membres.
Article 206.1:
Le mode de fonctionnement de la Commission de Conciliation est déterminé
par la Loi.
CHAPITRE IV
DE LA PROTECTION DU CITOYEN
Article 207:
Il est créé un office dénommé OFFICE DE LA PROTECTION DU CITOYEN dont le
but est de protéger tout individu contre toutes les formes d'abus de
l'Administration Publique.
Article 207.1:
L'Office est dirigé par un citoyen qui porte le titre de PROTECTEUR DU
CITOYEN. Il est choisi par consensus entre le Président de la
République, le Président du Sénat et le Président de la Chambre des
députés. Il est investi d'un mandat de sept (7) ans, non renouvelable.
Article 207.2:
Son intervention en faveur de tout plaignant se fait sans frais aucun,
quelle que soit la juridiction.
Article 207.3:
Une loi fixe les conditions et les règlements de fonctionnement de
l'Office du Protecteur du Citoyen.
CHAPITRE V
DE L'UNIVERSITÉ - DE L'ACADÉMIE - DE LA CULTURE
Article 208:
L'Enseignement Supérieur est libre. Il est dispensé par l'Université d'Etat
d'Haïti qui est autonome et par des Ecoles Supérieures Publiques et des
Ecoles Supérieures Privées agréés par l'Etat.
Article 209:
L'Etat doit financer le fonctionnement et le développement de
l'Université d'Haïti et des Ecoles Supérieures publiques. Leur
organisation et leur localisation doivent être envisagées dans une
perspective de développement régional.
Article 210:
La création de centres de recherches doit être encouragée.
Article 211:
L'autorisation de fonctionner des Universités et des Ecoles Supérieures
Privées est subordonnée à l'approbation technique du Conseil de
l'Université d'Etat, à une participation majoritaire haïtienne au niveau
du Capital et du Corps Professoral ainsi qu'à l'obligation d'enseigner
notamment en langue officielle du pays.
Article 211.1:
Les Universités et Ecoles Supérieures Privées ou Publiques dispensent un
Enseignement Académique et pratique adapté à l'évolution et aux besoins
du développement national.
Article 212:
Une Loi Organique règlemente la création, la localisation et le
fonctionnement des Universités et des Ecoles Supérieures publiques et
privées du pays.
Article 213:
Une Académie haïtienne est instituée en vue de fixer la langue créole et
de permettre son développement scientifique et harmonieux.
Article 213.1:
D'autres académies peuvent être créées.
Article 214:
Le titre de Membre de l'Académie est purement honorifique.
Article 214.1:
La loi détermine le mode, l'organisation et le fonctionnement des
académies.
Article 215:
Les richesses archéologiques, historiques, culturelles et folkloriques
du Pays de même que les richesses architecturales, témoin de la grandeur
de notre passé, font partie du Patrimoine National. En conséquence, les
monuments, les ruines, les sites des grands faits d'armes de nos
ancêtres, les centres réputés de nos croyances africaines et tous les
vestiges du passé sont placées sous la protection de l'Etat.
Article 216:
La loi détermine pour chaque domaine les conditions spéciales de cette
protection.
TITRE VII
DES FINANCES PUBLIQUES
Article 217:
Les Finances de la République sont décentralisées. La gestion est
assurée par le Ministère y afférent. L'Exécutif, assisté d'un Conseil
interdépartemental élabore la loi qui fixe la portion et la nature des
revenus publics attribués aux Collectivités territoriales.
Article 218:
Aucun impôt au profit de l'Etat ne peut être établi que par une loi.
Aucune charge, aucune imposition soit départementale, soit municipale,
soit de section communale, ne peut être établie qu'avec le consentement
de ces collectivités territoriales.
Article 219:
Il ne peut être établi de privilège en matière d'impôts.
Aucune exception, aucune augmentation, diminution ou suppression d'impôt
ne peut être établie que par la Loi.
Article 220:
Aucune pension, aucune gratification, aucune allocation, aucune
subvention à la charge du Trésor Public, ne peut être accordée qu'en
vertu d'une Loi.
Les pensions versées par l'Etat sont indexées sur le coût de la vie.
Article 221:
Le cumul des fonctions publiques salariées par l'Etat est formellement
interdit, excepté pour celles de l'Enseignement, sous réserve des
dispositions particulières.
Article 222:
Les procédures relatives à la préparation du Budget et à son Exécution
sont déterminées par la Loi.
Article 223:
Le contrôle de l'exécution de la Loi sur le budget et sur la
comptabilité Publique est assuré par la Cour Supérieure des Comptes et
du Contentieux Administratif et par l'Office du Budget.
Article 224:
La Politique Monétaire est déterminée par la Banque Centrale
conjointement avec le Ministère de l'Economie et des Finances.
Article 225:
Un Organisme public Autonome jouissant de la personnalité juridique et
de l'autonomie financière remplit les fonctions de Banque Centrale. Son
statut est déterminé par la loi.
Article 226:
La Banque Centrale est investie du privilège exclusif d'émettre, avec
force libératoire sur tout le Territoire de la République, des billets
représentatifs de l'Unité Monétaire, la monnaie divisionnaire, selon le
titre, le poids, la description, le chiffre et l'emploi fixés par la
Loi.
Article 227:
Le budget de chaque Ministère est divisé en Chapitres et Sections, et
doit être voté Article par Article.
Article 227.1:
Les valeurs à tirer sur les allocations budgétaires ne pourront en aucun
cas dépasser le douzième de la dotation pour un mois déterminé, sauf en
Décembre à cause du bonus à verser à tous les Fonctionnaires et Employés
Publics.
Article 227.2:
Les comptes généraux des recettes et des dépenses de la République sont
gérés par le Ministre des Finances selon un mode de Comptabilité établi
par la Loi.
Article 227.3:
Les Comptes Généraux et les Budgets prescrits par l'Article précédent,
accompagnés du rapport de la Cour Supérieure des Comptes et du
Contentieux Administratif doivent être soumis aux Chambres Législatives
par le Ministre des Finances au plus tard dans les quinze (15) jours de
l'ouverture de la Session Législative. Il en est de même du Bilan Annuel
et des opérations
de la Banque Centrale, ainsi que de tous autres comptes de l'Etat
Haïtien.
Article 227.4:
L'exercice administratif commence le premier Octobre de chaque année et
finit le trente (30) Septembre de l'année suivante.
Article 228:
Chaque année, le Corps Législatif arrête:
a) le compte des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'année écoulée
ou les années précédentes;
b) le Budget Général de l'Etat contenant l'aperçu et la portion des fonds
alloués pour l'année à chaque Ministère.
Article 228.1:
Toutefois, aucune proposition, aucun amendement ne peut être introduit
au Budget à l'occasion du vote de celui-ci sansla prévision
correspondante des voies et moyens.
Article 228.2:
Aucune augmentation, aucune réduction ne peut être apportée aux
appointements des fonctionnaires publics que par une modification des
Lois y afférentes.
Article 229:
Les Chambres législatives peuvent s'abstenir de tous Travaux Législatifs
tant que les documents sus-visés ne leur sont pas présentés. Elles
refusent la décharge aux Ministres lorsque les comptes présentés ne
fournissent pas par eux-mêmes ou les pièces à l'appui, les éléments de
vérification et d'appréciation nécessaires.
Article 230:
L'examen et la liquidation des Comptes de l'Administration Générale et
de tout comptable de deniers publics se font suivant le mode établi par
la Loi.
Article 231:
Au cas où les Chambres Législatives pour quelque raison que ce soit,
n'arrêtent pas à temps le Budget pour un ou plusieurs Départements
Ministériels avant leur ajournement, le ou les Budgets des Départements
intéressés restent en vigueur jusqu'au vote et adoption du nouveau
Budget.
Article 231.1:
Au cas où par la faute de l'Exécutif, le Budget de la République n'a pas
été voté, le Président de la République convoque immédiatement les
Chambres Législatives en Session Extraordinaire à seule fin de voter le
Budget de l'Etat.
Article 232:
Les Organismes, les Entreprises Autonomes et les Entités subventionnés
par le Trésor Public en totalité ou en partie sont régis par des Budgets
Spéciaux et des systèmes de traitements et salaires approuvés par le
Pouvoir Exécutif.
Article 233:
En vue d'exercer un contrôle sérieux et permanent des dépenses
publiques, il est élu au scrutin secret, au début de chaque Session
Ordinaire, une Commission Parlementaire de quinze (15) Membres dont neuf
(9) Députés et six (6) Sénateurs chargés de rapporter sur la gestion des
Ministres pour permettre aux deux (2) Assemblées de leur donner
décharge.
Cette Commission peut s'adjoindre des spécialistes pour l'aider dans son
contrôle.
TITRE VIII
DE LA FONCTION PUBLIQUE
Article 234:
L'Administration Publique Haïtienne est l'instrument par lequel l'Etat
concrétise ses missions et objectifs. Pour garantir sa rentabilité, elle
doit être gérée avec honnêté et efficacité.
Article 235:
Les Fonctionnaires et Employés sont exclusivement au service de l'Etat.
Ils ont tenus à l'observation stricte des normes et éthique déterminées
par la Loi sur la Fonction Publique.
Article 236:
La Loi fixe l'organisation des diverses structures de l'Administration
et précise leurs conditions de fonctionnement.
Article 236.1:
La loi règlemente la Fonction Publique sur la base de l'aptitude, du
mérite et de la discipline. Elle garantit la sécurité de l'emploi.
Article 236.2:
La Fonction Publique est une carrière. Aucun fonctionnaire ne peut être
engagé que par voie de concours ou autres conditions prescrites par la
Constitution et par la loi, ni être révoqué que pour des causes
spécifiquement déterminées par la Loi. Cette révocation doit être
prononcée dans tous les cas par le Contentieux Administratif.
Article 237:
Les Fonctionnaires de carrière n'appartiennent pas à un service public
déterminé mais à la Fonction Publique qui les met à la disposition des
divers Organismes de l'Etat.
Article 238:
Les Fonctionnaires indiqués par la Loi sont tenus de déclarer l'Etat de
leur patrimoine au Greffe du Tribunal Civil dans les trente (30) jours
qui suivent leur entrée en fonction. Le Commissaire du Gouvernement doit
prendre toutes les mesures qu'il juge nécessaires pour vérifier
l'exactitude de la déclaration.
Article 239:
Les Fonctionnaires et Employés Publics peuvent s'associer pour défendre
leurs droits dans les conditions prévues par la Loi.
Article 240:
Les Fonctions ou Charges Politiques ne donnent pas ouverture à la
carrière administrative, notamment les fonctions de Ministre et de
Secrétaire d'Etat, d'Officier du Ministère Public, de Délégué et de
Vice-Délégué, d'Ambassadeur, de Secrétaire Privé du Président de la
République, de Membre de Cabinet de Ministre, de Directeur Général de
Département Ministériel ou
d'Organisme Autonome, de Membres de Conseil d'Administration.
Article 241:
La Loi sanctionne les infractions contre le le fisc et l'enrichissement
illicite. Les Fonctionnaires qui ont connaissance de tels faits ont pour
devoir de les signaler à l'Autorité Compétente.
Article 242:
L'enrichissement illicite peut être établi par tous les modes de
preuves, notamment par présomption de la disproportion marquée entre les
moyens du fonctionnaire acquis depuis son entrée en fonction et le
montant accumulé du Traitement ou des Emoluments auxquels lui a donné
droit la charge occupée.
Article 243:
Le Fonctionnaire coupable des délits sus-désignés ne peut bénéficier que
de la prescription vicennale. Cette prescription ne commence à courir
qu'à partir de la cessation de ses fonctions ou des causes qui auraient
empêché toute poursuite.
Article 244:
L'Etat a pour devoir d'éviter les grandes disparités d'appointements
dans l'Administration Publique.
TITRE IX
CHAPITRE I
DE L'ECONOMIE - DE L'AGRICULTURE
Article 245:
La liberté économique est garantie tant qu'elle ne s'oppose pas à
l'intérêt social. L'Etat protège l'entreprise privée et vise à ce
qu'elle se développe dans les conditions nécessaires à l'accroissement
de la richesse nationale de manière à assurer la participation du plus
grand nombre au bénéfice de cette richesse.
Article 246:
L'Etat encourage en milieur rural et urbain, la formation de coopérative
de production, la transformation de produits primaires et l'esprit
d'entreprise en vue de promouvoir l'accumulation du Capital National
pour assurer la permanence du développement.
Article 247:
L'Agriculture, source principale de la richesse nationale est garante du
bien-être des populations et du progrès socio-économique de la Nation.
Article 248:
Il est créé un Organisme Spécial dénommé INSTITUT NATIONAL DE LA REFORME
AGRAIRE en vue d'organiser la refonte des structures foncières et mettre
en oeuvre une réforme agraire au bénéfice des réels exploitants de la
terre.
Cet Institut élabore une politique agraire axée sur l'optimisation de la
productivité au moyen de la mise en place d'infrastructure visant la
protection de l'aménagement de la terre.
Article 248.1:
La Loi détermine la superficie minimale et maximale des unités de base des
exploitations agricoles.
Article 249:
L'Etat a pour obligation d'établir les structures nécessaires pour
assurer la productivité maximale de la terre et la commercialisation
interne des denrées. Des unités d'encadrement techniques et financières
sont établies pour assister les agriculteurs au niveau de chaque Section
Communale.
Article 250:
Aucun monopole ne peut être établi en faveur de l'Etat et des
Collectivités Territoriales que dans l'intérêt exclusif de la Société.
Ce monopole ne peut être cédé à un particulier.
Article 251:
L'importation des denrées agricoles et de leurs dérivés produits en
quantité suffisante sur le Territoire National est interdite sauf cas de
force majeure.
Article 252:
L'Etat peut prendre en charge le fonctionnement des entreprises de
production de biens et services essentiels à la Communauté, aux fins
d'en assurer la continuité dans le cas où l'existence de ces
Etablissements serait menacée. Ces Entreprises seront groupées dans un
système intégré de gestion.
CHAPITRE II
DE L'ENVIRONNEMENT
Article 253:
L'environnement étant le cadre naturel de vie de la population, les
pratiques susceptibles de perturber l'équilibre écologique sont
formellement interdites.
Article 254:
L'Etat organise la mise en valeur des sites naturels, en assure la
protection et les rend accessibles à tous.
Article 255:
Pour protéger les réserves forestières et élargir la couverture
végétale, l'Etat encourage le développement des formes d'énergie propre:
solaire, éolienne et autres.
Article 256:
Dans le cadre de la protection de l'Environnement et de l'Education
Publique, l'Etat a pour obligation de procéder à la création et à
l'entretien de jardins botaniques et zoologiques en certains points du
Territoire.
Article 257:
La loi détermine les conditions de protection de la faune et de la
flore.
Elle sanctionne les contravenants.
Article 258:
Nul ne peut introduire dans le Pays des déchets ou résidus de
provenances étrangères de quelque nature que ce soit.
TITRE X
DE LA FAMILLE
Article 259:
L'Etat protège la Famille base fondamentale de la Société.
Article 260:< |