| Exposition Guede |
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| Les esprits de la mort
Dieudonné Cédor (1925) , Guédé 1974 ,Musée Nader (Port-au-Prince)
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Les Gédés (du nom d’une ancienne population du Plateau d’Abomey) composent la grande famille des Iwa de la mort. Dieux redoutables, ils ne se manifestent que tard dans la nuit, lorsque tous les autres ont regagné leurs pénates. Leurs lieux privilégiés sont les cimetières, et ils chérissent tout particulièrement la date du 1er novembre, jour des morts.
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Chef et père de tous les Gédés, maître incontesté des cimetières, Baron Samdi est un Iwa auquel on s’adresse lors des difficultés de la vie. Tout comme la nuit porte en son sein la naissance du jour, la mort libératrice des peines et des soucis, ouvre l’accès à une vie meilleure. Son apparence humaine est celle d’un entrepreneur de pompes funèbres et son symbole une croix posée sur trois marches dont chacune représente un degré de l’initiation (ounsi, prêtre et devin). Il dirige dans les cimetières les expéditions des morts. Son équivalent catholique est à ce titre saint Expédit, représenté par les images pieuses tenant une croix à la main, avec à sa gauche et posé sur le sol un casque à visière semblable à un crâne.
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Épouse de Baron Samedi, Grande-Brigitte a autorité sur tous les cimetières. Mère de tous les Gédés et de tous les morts, elle est aussi une brillante avocate que l’on consulte pour demander justice et réparation. Elle est représentée dans les cimetières par un tas de pierres.
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| Se nourrissant d’aliments pourris, signes de la décomposition des corps, les Gédés agressent les vivants dans leurs funestes apparitions. Affublés d’une ou même de plusieurs paires de lunettes noires, ils revêtent, à la manière des croque-morts, de veilles redingotes, des hauts de forme, des melons ou des chapeaux de paille garnis de crêpes. Fagotés tels des cadavres, ils ont le nez et la bouche remplis de coton blanc et le visage entouré d’une mentonnière de toile blanche. Mais les macabres Iwa, fossoyeurs et faucheurs des vivants, sont aussi capables de puissantes protections et prometteurs de fécondité.
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Leurs effrayantes apparitions toujours accompagnées de danses érotiques et lascives qui expriment cette ambivalence intrinsèque à tous les dieux vaudous. Ils dansent la banda aux poses lascives qui simulent l’accouplement sexuel, clament des chansons paillardes et s’adonnent à quantité de farces.
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Ils sont représentés dans certains oumfo par un énorme phallus qui trône de manière impertinente sur l’autel. Krabinay illustre bien cette double personnalité : d’une extrême violence, Krabinay est aussi le dieu capable de soigner les victimes des expéditions des morts, vouées à une mort lente et inéluctable. Il semble en fait que la puissance bienfaisante des dieux soit proportionnelle à leurs capacités de destruction. À charge des hommes de maîtriser cette force surnaturelle et de la contrôler pour qu’elle leur soit utile et bénéfique. Texte: Françoise Florent Photo: Jean-François Chalut |
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