CIDIHCA - Centre International de Documentation et d'Information Haitienne, Caribéenne et Afro-Canadienne
La grande majorité des chauffeurs de taxis haïtiens de Montréal sont arrivés avec la deuxième vague migratoire, c’est à dire celle qui s’installe au Canada, principalement au Québec dans les années 1970. Déjà, en 1978, ils sont environs 300 chauffeurs de taxi. En 1982, ce nombre passe à 800. Statistiquement, Ils représentent alors 8% des travailleurs réguliers et actifs dans ce domaine. En 1982, ils sont en moyenne dans la trentaine et vivent à Montréal depuis au moins 5 ans, quelques uns depuis 10 ans.
En arrivant au Québec, ils ont travaillé dans des manufactures et des petites entreprises. Graduellement ils ont opté pour une activité qui leur donnerait plus d’autonomie. Déjà des chauffeurs expérimentés, ils ont choisi le taxi. En faisant ainsi preuve d’esprit d’initiative ils se sont alignés sur d’autres groupes ethniques et d’immigrants qui ont fait pareil : les Italiens, les Hongrois, les Israéliens et les Grecs.
C’est un travail très astreignant, avec, parfois, beaucoup de moments creux. Pour compenser le temps perdu ils s’efforcent de travailler 60 à 80 heures par semaine. La moitié d’entre eux disent travailler principalement dans le centre ville. Quelques uns font la file dans un ou divers stands mais majoritairement, ils sont affiliés à une association de service.
Montréal est un grande ville dont toutes les rues et avenues portent des noms et pas de numéros comme on peut le voir dans une métropole comme New York. De plus les notions d’est et ouest sont importantes et généralement peu familières au haïtiens, et ceci quelque soient leur origines sociales et leur niveau d’éducation.
L’autonomie de travail implique l’acceptation de lourds sacrifices. L’obtention du permis est très coûteux et les intérêts sur un prêt pour s’en procurer sont eux aussi être très élevés.Le cout de la licence en 2007 est d,environ 175000.00 $. L’achat d’un véhicule automobile en bon état et présentable est aussi une charge non négligeable. Cependant, la grande majorité des chauffeurs de taxi haïtiens de Montréal sont actuellement propriétaires de leur voiture et ceci depuis cinq ans au moins. Certains ont même plus d’une voiture. Ce sont donc là de bons indices de réussite.
Dans les années 1970, l'arrivée de noirs dans l’industrie du taxi est venue apporter un problème nouveau, un problème de taille: le racisme. Pour les chauffeurs haïtiens, les temps devenaient durs : la clientèle hésitait à se faire conduire par un chauffeur noir.
Pour faire face à ces problèmes l’association haïtienne des travailleurs de taxi est incorporées en mars 1982. Cette association adresse alors un mémoire à la commission des droits de la personne du Québec dans lequel ils décrivent le racisme tel que le vit ses membres spécifiant que près de 80% de ses membres ont été victimes de racismes de la part de la clientèle.
A l’été 1982, il y a eu «l’affaire des travailleurs haïtiens du taxi» dont s’empare la presse, pas toujours avec objectivité. Sont diffusées alors toutes sortes de rumeurs et de clichés dans le genre «Ils ne connaissent pas la ville».
Cet argument revient encore aujourd’hui et les problèmes des chauffeurs haïtiens ne sont pas à leur fin. Dans son édition du 12 juin 2007, Le Devoir signalait un conflit entre les chauffeurs de taxi haïtiens de la rive sud contre la compagnie de distribution Taxi-Union basé sur l’accusation que cette compagnie favorisait les «copains québécois». Allégation rejetée bien entendu pas les dirigeants de l’entreprise qui note que l’agressivité de certains chauffeurs vient du fait de l’augmentation du coût de la licence qui a quadruplé en trois ans (de 45.000 à 175.000$)
The great majority of Haitian taxi drivers in Montreal came during the second migration wave, that of the 1970's. From 19978 to 1982, their number almost tripled, going from 300 to 800. According to statistics, they then made up 8% of people regularly employed in this field. In 1082, they are mostly in their thirties, and have lived in Montréal for at least 5 years. Some had lived more than 10 years.
Upon their arrival in Québec, most had worked in manufactures or small businesses. They then slowly moved to a profession that would make them more self-governing. Since they were experimented drivers, they chose to taxi, and by doing so, they proved themselves as entrepreneur lining up with other ethnic or immigrant groups like Italians, Hungarians, Israelites and Greeks who have done the same.
Being a taxi driver is a very demanding job with slack moments. To make up for lost time, they impose themselves 60 to 80 hours of work a week. More than half of them say that they work mainly in the center of town. Some make the line in taxi stands. The majority of them are affiliated to an taxi service coop.
Montréal is a big city, where most streets and avenues bear names an not numbers as one find in a city like New-York. Further, the notions of east and west are generally unfamiliar to Haitians, and this is true what ever their social origin or their education.
Their independence requires heavy sacrifices. A drivers licence os costly and the interests on loan to pay for it are very high. The purchase of a car that is presentable and in good condition is another financial burden. In spite of that, few resort to leasing and if they do so it's only for a short period. Presently, the great majorities of Haitian taxi drivers working in the greater Montreal are own their automobile and have done so for at least five years. Some even have more than one car which is an obvious sign of success.
With the arrival of blacks in the 1970’s in the taxi industry, came a new and major problem: racism. These were difficult times for Haitian drivers: passengers did not care to be served by a black driver.
In order to face such problems, the Haitian taxi drivers association was incorporated in march of 1982. It then sent a memo to Quebec’s commission of the right of people in which racism is described as it is lived daily by its members, insisting on he fact that some 80% of them are victims of racism by the clientele.
In the summer 1982, there was the «Haitian taxi drivers affair» widely publicised by the press and not always objectively. All sorts of rumours were spread as well as false information like the fact that «they don’t know their way around the city».
This argument is again used today and the problems of Haitian taxi drivers are not yet resolved. In its June 12, 2007 edition, Le Devoir reported a conflict between Haitian taxi drivers on the south shore and the dispatching company Taxi-Union accused of giving favours to its «Quebecois friends». These allegation were rejected of course by the management of the company arguing that the hostility of certain drivers is due essentially to the four time increase in the cost of the licence over the past three years, gong from 45.00$ to 175.000