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CIDIHCA - Centre International de Documentation et d'Information Haitienne, Caribéenne et Afro-Canadienne

Exil, d'île en île : 1958-1980

La dictature de François Duvalier à partir de 1957 pousse des activistes politiques, des intellectuels, des artistes et des professionnels francophones et créoles à s'installer dans l'île de Montréal. Les pieds dans la neige et la tête en Haïti, Montréalais de jour et Haïtiens la nuit, ils arrivent en pleine révolution tranquille.

La petite communauté de 500 personnes en 1967 compte déjà plus de 3700 personnes en 1971. Les professionnels sont accueillis à bras ouvert au moment où le système public de santé et d'éducation se forment.

Pour ces milliers d'exilés, la communauté de langue avec les Québécois facilite les contacts. Anthony Phelps, avec la publication de Mon Pays que voici, devient le chantre des Haïtiens d'ici. Les artistes et écrivains haïtiens et québécois tels Gaston Miron, Nicole Bernard et Paul Chamberland sympathisent, puisque leur combat et leurs idéaux semblent si proches. La seule terre que l'Haïtien sent sous ses pieds, la seule qui ne se dérobe pas, n'est-elle pas celle de l'imaginaire ? Le café Le Perchoir d'Haïti devient rapidement leur lieu de rencontre, comme la Case à Rhum et la Casa Pedro.

Mais il n'y a pas que l'écrit et la parole pour se rencontrer. Les Montréalais et Montréalaises découvrent dans la frénésie les pièces de Joe Trouillot, Kesner Hall, Nono Lamy, Guy Durosier.

Dans les années 1970. La deuxième vague d'immigration est plus forte. Populaire et créole, elle est en grande partie composée de travailleurs non- spécialisés. Avec l'ouverture, en 1978, d'un vol direct entre Port-Au-Prince et Montréal, de nouveaux réfugiés haïtiens arrivent aussi dans la métropole québécoise. Haïti devient pour quelques années le premier pays immigrant au Québec, avec 14,7% de l'immigration.

Mais l'intégration facile est chose du passé, des problèmes apparaissent, en même temps que naissent les premières organisations communautaires pour y faire face : La Maison d'Haïti (par des étudiants universitaires) et le Bureau de la communauté Chrétienne des Haïtiens de Montréal (par les prêtres catholiques Paul Dejean, Karl Lévêque, Joseph Augustin). La mobilisation générale d'organismes québécois contre la déportation d'immigrants illégaux haïtiens témoigne d'un militantisme nouveau au sein de la communauté.

Exile, from an island to another: 1958-1980

François Duvalier’s dictatorial regime, empowered in 1957 drove political activists, intellectuals, artists and, generally speaking, French and/or Creole speaking professionals to settle in the island of Montreal. With their feet in the snow and their head in Haiti, Montrealais by day and Haitian by night, they came at the time of the province’s «quiet revolution»

The small community of 500 souls in 1957 grew to more than 3700 in 1971. Professionals were welcomed with open arms at the time when public health and education services were being developed.

A common language made contacts easier for these thousands of exiles. Anthony Phelps who published «Mon Pays que voici» (Behold my country) become the spokesperson of the Haitian community. Artists and writers, both Haitian and Quebecois, like Gaston Miron, Nicole Bernard and Paul Chamberland unite for their struggle and ideals seem so similar. Their imagined homeland became the only secure ground they could rest upon. The café Le Perchoir d’Haiti as well as the Case à Rhum and the casa Pedro, quickly became vital meeting places

Words written and spoken are not the only common grounds uniting people. Men and women from Montreal were werw falling under the charm of the music of Joe Trouilllot, Kesner Hall, Nono Lamy and Guy Durosier

The second wave of immigration of the 1970’s was much stronger. Popular and Creole speaking, it consisted mainly of unskilled workers. The migration is facilitated by direct flights inaugurated in 1978 and linking Port-au-Prince to Montreal. Haiti then became the main source of immigrants in the province of Quebec, representing 14,7% of all immigrants.

The opportunities of the early years were not the same and more recent immigrants has to face a whole series of problems and thus were created the first community organisations to assist in their resolution. Among them, La Maison d’Haiti (created by university students) the office of the Haitian Christian Community of Montreal (established by catholic priests Paul Dejean, Karl Levêque and Joseph Augustin). Also one must acknowledge the recent efforts of provincial organisations fighting against the deportation oh illegal Haitian immigrants

50 ans au / 50 years in Canada

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