Archives visuelles d’Haïti

LES CHEMINS DE LA MÉMOIRE.

Une frontière à explorer

 

Le passage d’une frontière comporte l’entrée dans une dimension nouvelle. Les exilés, les immigrants et étudiants arrivaient au Canada Québec avec dans leurs maigres bagages quelques vielles photos qui les attachaient au pays natal.

Comme l’écrivait Georges Balandier:                                                                                                                                                     «Aucun peuple, aucune société ne saurait  exister et définir son identité en état d’amnésie.».

                                                                                                                            

 

Mais la mémoire ne va pas sans difficulté, et sans inhibition. Elle ne va pas sans incertitude, ambiguïté ou oubli. La mémoire est inséparable de toute culture.                 

Le CIDIHCA depuis plusieurs années a récupéré patiemment des milliers de photos qui constituent une collection originale. Nous avons pu sauver ces photos de l’oubli. Elles sont incroyablement intéressantes, œuvre la plupart du temps oeuvre de photographes anonymes. Il fallait donc faire découvrir ces images.  

 

 

Ces photographies curieuses ou banales parce que sans intention artistique, sont cependant réussies pour nous qui les admirons aujourd’hui. L’intérêt d’une photo ne se révèle qu’avec le temps. Si elles nous touchent c’est de manière sensible. Elles nous renvoient au moment où notre établissement au Québec et au Canada semble définitif à un besoin de nous rappeler  d’où nous venons. Ces images anonymes ont été sauvées de l’oubli par hasard. Mais le propre la photographie est le hasard. Toute photo doit sa survie au hasard, elles auraient pu être jetées ou détruites. Cette exposition est conçue comme un album de famille, album du temps passé, d’un temps charnière qui nous rappelle une époque révolue, celle d’une Haïti avant la dictature des Duvalier. Comme tous les albums de famille on ne retrouvera pas de légende. Il faut regarder ces images avec sensibilité. Elles nous révèlent loin des clichés exotiques,  des images intéressantes du pays natal. Laissons nous bercer par ces photographiques témoignages d’une époque révolue.